REUNION EXTRAORDINAIRE DU SOUS-COMITE POLITICO INSTITUTIONNEL Les ex-rebelles claquent la porte

REUNION EXTRAORDINAIRE DU SOUS-COMITE POLITICO INSTITUTIONNEL
Les ex-rebelles claquent la porte

Les groupes armés de la CMA et de la Plate-forme ont publié le vendredi dernier un communiqué conjoint dans lequel ils suspendent leur participation à la réunion extraordinaire du sous-comité politico institutionnel convoquée le 20 mai dernier.
Selon les responsables des groupes armés, “le rejet de la convention subsidiaire par le gouvernement dénote de son manque de volonté à trouver des solutions consensuelles à la mise en place des autorités intérimaires et dans la suite de la mise en œuvre de l’accord”.

Au micro de Studio Tamani, Almou Ag Mohamed, porte-parole de la CMA, a expliqué qu’”à un moment on était pratiquement parvenu à un accord sur la mise en place des autorités intérimaires avec le gouvernement à travers le ministère en charge de la Décentralisation.
Cet accord prévoyait cette convention subsidiaire qui a été d’ailleurs paraphée en son temps par le ministre de la Décentralisation et il restait la signature de la CMA et la Plate-forme.

A notre grande surprise, cette convention a été rejetée et par la suite une loi a été promulguée ; une loi nationale qui ne s’appliquait pas spécifiquement aux régions du Nord.
Un décret par la suite a été décrété et un autre document a été produit sans concerter ni la CMA ni la Plate-forme.
Tout cela dénote d’un manque de volonté réelle d’aller de l’avant tout en associant les parties prenantes à l’accord, comme le prévoit l’accord”.

Il dira que cette suspension de participation durera “le temps que le gouvernement révisera sa position par rapport à toutes ces questions”.
En attendant, souligne Almou Ag Mohamed, le processus est “tout à fait bloqué”.

La partie gouvernementale estime que “l’accord est très clair et que ce sont les groupes armés qui en font toujours une mauvaise interprétation”.
Le gouvernement appelle la médiation internationale à jouer pleinement son rôle pour faire comprendre aux groupes armés la limite de leurs actions et la nécessité d’accélérer la mise en œuvre de l’accord dans l’intérêt supérieur de la paix et de la cohésion sociale.

Pour Ibrahim Assihanga Maïga, conseiller technique au ministère de la Réconciliation nationale, “il s’agit toujours du problème de la mise en place des autorités intérimaires, c’est là où il y a des divergences de positionnement.
A ce niveau, l’accord est très clair, mais on est en train de l’interpréter d’une certaine façon et que si on ne prend garde, cela risque de porter à des dérives.
Malheureusement nos amis des groupes armés ont compris beaucoup plus, en disant même qu’à ce niveau, il faudrait qu’on mette en place des autorités intérimaires partout au niveau des cinq régions du Nord, ce qui n’est pas vrai.
Donc, c’est à ce niveau-là que le gouvernement et les groupes armés n’ont pas la même interprétation des choses”.

Il rappelle à ce propos que la prise de décisions unilatérales “c’est le rôle du gouvernement.

Il n’est pas dit que nous avons aujourd’hui deux ou trois gouvernements ou un gouvernement d’union nationale ou de collégialité.
Et ça aussi, ils doivent le comprendre. Ce n’est pas parce qu’on doit travailler ensemble que le gouvernement ne doit pas prendre des décisions sans avertir les groupes signataires.

Il n’y a pas de conséquences. Il faut seulement que la médiation joue son rôle, que la médiation fasse comprendre à ces groupes armés la limite des actions qu’ils peuvent poser.
Un chantage à ce niveau, je pense qu’il faut vraiment faire beaucoup attention”.

Certains observateurs pensent qu'”il fallait s’attendre à cette décision des groupes armés depuis le rejet de la convention subsidiaire par le gouvernement”.

Selon eux “après l’amendement de l’article 2 du projet de loi portant sur la mise en place des autorités intérimaires, cette convention subsidiaire était le seul espoir pour les groupes armés de bénéficier d’un partage de sièges dans la mise en place de ces autorités intérimaires”.

Toujours au micro de Studio Tamani, Me Abdramane Touré, clarifie qu’”en réalité cette convention, à l’analyse on se rend compte effectivement, que c’est une convention de partage des organes des collectivités territoriales en trois niveaux, communal, cercle et conseil régional entre le gouvernement et les groupes armés.

Après que le débat ait été très houleux au niveau de l’Assemblée nationale sur l’article 2 du projet qui est tombé, la parade qui avait été trouvée simplement c’était de trouver une convention subsidiaire entre l’Etat et les groupes armés pour faire passer ceux qu’ils n’ont pas pu faire passer par l’article 2 du projet et qui n’a pas été voté en ses deux points.
Donc la réaction des groupes armés, on devrait s’y attendre, parce qu’en réalité quand on te fait miroiter la possession d’organes de collectivités territoriales et qu’après qu’on se rend compte qu’on n’a plus cette possibilité de les avoir, il va sans dire qu’ils prennent des mesures.

Mais, le fait que le gouvernement ait retiré la convention est pour moi une très bonne chose”.

Sur les conséquences de cette décision sur le processus de paix, l’avocat conclut que “le processus va être un peu entaché en termes de lenteur, en termes également de refus de participation à des réunions.
Mais ce n’est pas la première fois que les groupes armés se retirent”.
A. M. C.
Source:L’Indicateur Du Renouveau 24/05/2016.