Edito / De toute façon, Wade est battu

L’attente des résultats que le Sénégal s’impose présentement n’était donc pas une fatalité. Et plus elle dure, plus elle enlève des points à la démocratie sénégalaise. Pour les évidences, voici la première: avec les résultats de trente circonscriptions sur quarante, Maki Sall paraît désormais à l’abri du tsunami bleu  et c’est bien à un second tour  périlleux que Wade est contraint. Seconde évidence, le vieux  président a perdu jusque  dans son quartier du Point E et à Dakar, son fief jadis. Pour les enseignements, il est d’abord clair que Wade a trop forcé son destin.

 

S’il gagne contre son ancien Premier ministre, il aura vaincu sans gloire. S’il perd, il sort par les gouttières et pas par la grande avenue que Diouf s’était élégamment offert en 2000. A moins qu’il n’accepte l’autel avant le scrutin. Or il n’est pas Iphigénie. Ensuite, lui le président triomphalement élu en 2000  ne sera pas le Mandela ouest africain qu’il avait légitimité et avait l’opportunité d’être. Il a utilisé son pouvoir jusqu’à ce qu’il ait cessé d’être un pouvoir. Hélas pour une jeunesse qui a désespérément besoin de champion.

Adam Thiam

Le Républicain Mali 29/02/2012