Prolongation de la crise sociopolitique Le bras de fer se corse et paralyse le pays Le Mali est arrivé visiblement au carrefour du « ça passe ou ça casse ». IBK ayant visiblement choisi de garder les prérogatives constitutionnelles que lui confère sa réélection de 2018, désormais … désavouée. Le pays est du coup paralysé et se meurt à petit feu.

L’histoire retiendra que le Mali a passer au moins 25 jours sans gouvernement en raison de la houleuse contestation du régime IBK, sous les coups de boutoirs de l’imam Mahmoud Dicko et de certains leaders comme Dr Choguel Kakalla Maïga, Cheick Oumar Sissoko, Me Mountaga Tall, qui croient en les chances d’une transition lourde d’appréhensions pour le reste du peuple.

Dans sa farouche volonté de faire « partir le président IBK et son régime », quoi que cela puisse coûter au pays, dans une crise multidimensionnelle depuis plusieurs années, le mouvement du 5 juin risque d’attiser d’autres frustrations pouvant l’anéantir…

Les contestataires du M5-RFP viennent de se rendre compte qu’ils ne peuvent pas réussir, par les manifestations de rue, à pousser IBK à la démission. Ils se sont fourvoyés et en surestimant leur capacités à nuire à la République et à la démocratie.

En effet, l’imam Mahmoud Dicko, s’est inscrit dans la voie de la sagesse et du patriotisme, pour éviter les casses dans l’exigence du départ du président IBK et de son régime. Il a dû se maîtriser et appeler les manifestants du 19 juin à rentrer calmement chez eux, alors même que l’objectif n’était pas atteint. Depuis lors, il n’est plus en odeur de sainteté avec les leaders politiques qui croyaient en cet « assaut final contre la citadelle de Koulouba ou de Sébénikoro».

Cette situation a suscité des ressentiments au sein du mouvement contestataire au point que certains extrémistes ont refusé de signer le mémorandum de la semaine dernière. Ce document exige la nomination d’un Premier ministre pleins pouvoirs issu des rangs du M5-RFP, la dissolution de l’Assemblée Nationale, le renouvellement intégral des membres de la Cour constitutionnelle, etc.

En exigeant la nomination d’un Premier ministre qui aura plus de pouvoir que le président de la République, le M5-RFP veut réduire le chef de l’Etat à un rôle honorifique pour les deux ans et sept mois qui lui reste au pouvoir. Une pilule probablement très amère qu’IBK, très jaloux de son pouvoir, n’acceptera pas d’avaler. Il s’ensuivra qu’il voudra certainement prendre sa responsabilité de garant de la Constitution, clé de voûte des institutions, pour desserrer l’étau dans lequel ses adversaires veulent le comprimer.

C’est ainsi qu’il nous revient que le président IBK va, dans les prochains jours, former son gouvernement en y intégrant des cadres du M5-RFP (ceux disposés à y travailler). Ce qui contribuera à affaiblir davantage la contestation, certains leaders ne pouvant pas cracher sur une offre politique constructive.

En outre, comptant sur le soutien des pays et organisations partenaires, IBK, qui vient d’être rassuré par Emmanuel Macron, lors du sommet de Nouakchott, pourra alors dérouler rapidement sa stratégie de neutralisation du M5-RFP. Car, l’UE, la MINUSMA, la Force Barkhane et les autres organisations partenaires du Mali n’accepteront pour rien au monde, laisser le pays être déstabilisés.

IBK devra alors mettre à contribution des leaders religieux comme Ousmane Chérif Madani Haïdara et le chérif de Nioro, qui tiennent au respect des institutions. Il comptera aussi et surtout sur le répondant de sa majorité et, en particulier la Convention des forces républicaines pour prouver qu’il est et demeure le président démocratiquement élu du Mali.

Cette réaffirmation de sa légitimité devrait donner du zèle à IBK et l’aidera peut-être à reprendre la main. Ce qui fera perdre au M5-RFP d’importantes plumes et le conduira à simplement perdre la face. Baba Djilla SOW