Présidentielle 2012: Les positionnements politiques

 

L’agriculture ne peut se développer sans l’implication du monde paysan dont les leaders de ces deux partis politiques constituent des figures de proue. Ibrahim Boubacar Kéita, président du Rassemblement pour le Mali, est en discrète pré campagne électorale, notamment au niveau international. C’est vrai que ses malencontreuses déclarations concernant le rôle joué par le président ivoirien Laurent Gbagbo à l’encontre de nos compatriotes en Côte d’Ivoire ne l’ont pas grandi, mais il a pu se rattraper en rencontrant les associations de soutien aux immigrés pour leur expliquer le véritable sens de ses déclarations. Un signal fort, pour les observateurs avertis, a été donné par l’attitude du président de la République, Amadou Toumani Touré, lors de la cérémonie de clôture du mois du cinquantenaire, à Kangaba, sur le site de Kouroukanfouga.

En effet, le chef de l’Etat avait remis à IBK un arc et une flèche, symboles de pouvoir de l’empereur du Mandé, Soundiata Kéita. La sensation fut forte et du coup, le charisme du président du RPM se trouve redoré au Mandé et probablement envers des communautés fortement liées à cette culture. Du côté de la majorité parlementaire, l’Adéma-Pasj a été contraint de s’expliquer sur la candidature du Premier ministre Modibo Sidibé. A la croisée des chemins, le Parti pour la solidarité et la justice doit éclairer ses militants avant les dates fatidiques des batailles de positionnement pour l’élection présidentielle de 2012.

Ce sont Ibrahima N’Diaye et Sékou Diakité qui ont été les premiers interpellés à s’expliquer devant les militants, lors d’une instance. De ce fait, ils ont déclaré publiquement qu’ils ne soutenaient pas la candidature de Modibo Sidibé. Ensuite, ce fut le tour du président du Parti pour la solidarité et la justice, Dioncounda Traoré, d’annoncer à la  presse que l’actuel Premier ministre, n’étant pas militant du parti, ne pouvait être leur candidat à l’élection présidentielle. Soumaïla Cissé, mentor de l’URD, devra bientôt s’investir dans la lutte politique, puisque son mandat à l’UEMOA expire au premier trimestre de l’année prochaine. En fait, s’il était en dehors du pays, cela ne l’en éloignait pas non plus, puisqu’il avait présidé plusieurs activités de la structure sous régionale à Bamako. Ce qui lui donnait l’occasion de revoir ses partisans et de  tâter le pouls des militants.

A son actif, il a noué d’importantes relations avec des personnalités jouant des rôles économiques de premier plan dans la communauté internationale. Son leadership est notamment reconnu par des cadres du sérail du président sénégalais Abdoulaye Wade. Soumaïla Cissé arrivera donc à point nommé. Il faut dire qu’après l’Adéma-Pasj, son parti, fortement implanté dans le pays, compte le plus de députés à l’Assemblée nationale. Le Parti pour le développement économique et la solidarité, créé au mois de juillet dernier, pensait pouvoir lui ravir la vedette. En effet, le PDES a du revoir ses ambitions à la baisse puisque le terrain politique s’est montré plus rude qu’il ne le croyait. La mise en place de ses structures de base à l’intérieur du pays ne s’est pas faite de tout repos.

La bataille continue donc de faire rage entre ses responsables pour le contrôle de ses structures naissantes. C’est dire que le combat politique est rude et la pléthore des ministres et opérateurs économiques du PDES ne lui accorde pas, du coup, la taille d’un grand parti politique. C’est pourquoi, selon nos sources, certains de ses militants sont en mission pour affaiblir la Ruche. La Convention parti du peuple, COPP, créée à l’origine, pour soutenir la candidature de Soumana Sacko, est dans la mouvance de sa redynamisation. Soumana Sacko aura-t-il le réflexe de lui tendre la main, malgré ses dissensions antérieures avec Me Mamadou Gakou?

Moussa Mara affûte ses armes pour ravir la mairie de la commune IV. Une victoire communale lui assurerait certainement un début de leadership au plan national. Le Premier ministre Modibo Sidibé s’occupe actuellement du gouvernement. Il n’a cure de répondre aux hommes politiques qui parlent à sa place. Ce qui est certain, c’est qu’il n’est pas opportun de s’investir sur le terrain politique quand, à plusieurs reprises, les observateurs ont pressenti un remaniement. L’heure viendra sûrement, pour chaque personnalité politique, d’abattre ses cartes et de préciser son positionnement par rapport à l’élection présidentielle de 2012.

Baba Dembélé

02/12/2010