TRAGIQUES EVENEMENTS DE GAO:Prémices de l’échec de la Minusma ?

munisma 2015

La Minusma doit davantage affirmer son « impartialité », tout au moins, sur le terrain. Elle le doit pour surtout rétablir la confiance des populations, nécessaire à l’accomplissement effectif de sa mission. Sinon, nul ne saurait prédire ce qui pourrait advenir si la frustration, les sentiments d’injustice et de traitement se multipliaient au-delà du seuil supportable.

En effet, venues sous le couvert de la libération, de la stabilisation, de l’intégrité et de la consolidation de l’unité nationale au Mali, les forces internationales en général et celles de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali, en particulier, apparaissent de plus en plus aux yeux de l’opinion publique comme ayant pris fait et cause pour l’une des parties, notamment les ennemis du retour à la paix et de la stabilité.

Cette attitude se manifeste à travers plusieurs de leurs comportements vis-à-vis des terroristes et leurs acolytes identifiés et connus de tous. Ce sont eux qui sèment depuis toujours la désolation au sein de la population civile et des troupes des Nations unies, à travers des attaques et autres attentats barbares et toujours sanglants avec des lots de victimes (morts et blessés).

Etalant donc son incapacité à relever les défis d’une mission à elles confiée par les Nations unies à travers les différentes résolutions sur la crise malienne, elles se sentent dans l’obligation de caresser les partisans et acteurs de cette violence inouïe et injustifiée dans le sens des poils.

D’où, cette dernière idée, à la limite saugrenue, de signer « un accord » portant sur une zone tampon sur le territoire national sans en aviser (ne serait-ce que ça) les autorités étatiques. Quelle outrecuidance de la part d’une force disposant le mandat de la Minusma?

Une telle monstruosité pouvait-elle laisser indifférentes des populations encore traumatisées par les barbaries d’envahisseurs terroristes venus et installés confortablement chez-elles avec la complicité avérée ou supposée d’au moins une partie de cette même communauté internationale ?

Discrédit

Aujourd’hui, il apparait de plus en plus évident que dans l’opinion publique malienne ils sont en hausse constante la proportion de citoyens qui croient de moins en moins à la possibilité d’une solution négociée à la crise. Tant la situation se détériore dangereusement un peu partout sur l’ensemble du territoire.

Au regard du cantonnement et du confinement qui frappent de fait les forces de défense et de sécurité (FAMa) dans cette vaste partie du territoire, le risque est grand de voir se multiplier les mouvements et autres groupes d’auto-défense pour répondre aux besoins de sécurisation des populations.

Au lieu d’être une solution à la crise, une telle réaction des populations face à l’absence des forces armées nationales va forcément aggraver la situation, car nul ne saurait évaluer avec exactitude les risques que cela engendrera. Cependant, ce serait la pire manifestation de l’échec de la Minusma dans sa mission de stabilisation et de protection des populations civiles sur l’ensemble du territoire national.

La Minusma a, semble-t-il, fini enfin de compte par retirer le projet « d’accord » controversé. C’est bien. Mais le mal n’est-il pas déjà fait?  Elle aurait dû auparavant mesurer toutes les conséquences possibles d’un tel couac.

Maintenant qu’il est établi, de sources hospitalières, qu’elle (la Minusma) a tiré à balles réelles sur des manifestants pacifiques faisant des morts et des dizaines de blessés, alors qu’elle venait juste de détaler devant des bandits en armes il y a juste quelques jours, elle se discrédite aux yeux d’une bonne partie de l’opinion. Les uns et les autres y allant avec tous les commentaires et appréciations possibles.

Quoiqu’il en soit le peuple malien doit se réveiller en prenant en main le destin (l’avenir) de son pays et de sa nation. C’est une illusion, un leurre que de croire que d’autres le feront « gentiment » en ses lieu et place.

A Gao, Bamako, Zégoua, Tinzawaten, Diboli et partout ailleurs, hauts-les-cœurs donc pour la patrie en grand danger de dislocation!

B. Sidibé
Source: L’Indicateur Du Renouveau 2015-01-29 01:52:06