Sécurité alimentaire / Le stockage de proximité, un instrument efficace au Sahel


Selon le CILSS, en 2011, la zone sahel, avec 16,6 millions de tonnes, a enregistré une baisse de 2 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années et de 25 % par rapport à l’année dernière. Cette production insuffisante et mal répartie dans l’espace a engendré des hausses des prix des céréales par endroits notamment dans les zones déficitaires. Et cette situation a rendu très difficile l’accès aux céréales pour les populations les plus pauvres.

Elle met en exergue l’importance du stockage de proximité des produits agricoles et alimentaires locaux au Sahel et en Afrique de l’Ouest, où l’issue de la campagne agricole demeure incertaine au fil des années. Pour relever ces défis, une des options consiste à compléter le dispositif actuel de prévention et de gestion des crises alimentaires par la mise en place d’une première ligne de défense positionnée au niveau le plus décentralisé, sous la responsabilité des communautés rurales, permettant de répondre rapidement aux besoins alimentaires des populations en cas d’urgence. La définition et le mode de fonctionnement des stocks de proximité en font des éléments d’un dispositif décentralisé de sécurité alimentaire, organisé et géré par les communautés dans les villages. L’avantage de ces stocks c’est qu’ils existent depuis plus d’une vingtaine d’années.                                         

De nombreuses études ont permis de diagnostiquer leurs difficultés. Les principales causes de leurs disfonctionnements sont connues. Certains auteurs sont arrivés à la conclusion que les stocks de proximité peuvent être des entreprises viables dans certaines conditions (gestion, durabilité, saisonnalité, etc.). C’est pourquoi le CILSS a mis  l’accent sur ce thème afin que les acteurs (gouvernements, partenaires, société civile, humanitaires) dans les pays s’investissent davantage dans la gestion de la sécurité alimentaire.

A moyen et long termes, cette journée du CILSS vise à :  obtenir des Etats membres qu’ils investissent davantage dans le stockage de proximité comme un instrument de gestion des crises alimentaires; convaincre les organisations intergouvernementales d’intégration (CEDEAO et UEMOA) et la communauté internationale que la meilleure réponse à court terme pour prévenir et gérer les crises alimentaires est, d’une part de pouvoir mieux appréhender les différentes situations d’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité des populations, et d’autre part de diversifier les instruments de réponses aux situations de crise et de mieux intégrer les interventions conjoncturelles avec les stratégies de long terme.                           

Le CILSS, dont l’objectif est de parvenir à la sécurité alimentaire dans ses Etats membres et à une bonne gestion des ressources naturelles,  regroupe le Burkina Faso, le Cap-Vert,  la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad.

Madiassa Kaba Diakité

Le Républicain Mali 14/09/2012