RETOUR DE L’ADMINISTRATION AU NORD : Les islamistes posent leurs conditions

M. Belco Maïga était le chef de la délégation d’une mission effectuée du 17 au 24 août derniers par la Coalition pour le Mali à Kidal. La même Coalition a effectué des missions dans les autres deux régions du Nord du pays ; à savoir : Gao et Tombouctou, sous occupation.

”Les responsables d’Ançar Eddine sont demandeurs de dialogue parce qu’ils n’ont jamais refusé cela. D’après eux, c’est la première fois que des Maliens viennent vers eux pour discuter réellement, et surtout des frères”, a-t-il indiqué.

”Leur principale revendication, aujourd’hui, est de discuter avec le gouvernement en place sur un certain nombre de paramètres : quelle administration pour Kidal, quelle justice en chapeau la charia pour Kidal, quel développement pour Kidal. Ils n’ont jamais nié le fait qu’ils sont des Maliens”, a-t-il affirmé ajoutant : ”A notre avis, au sein de la Coalition, ils n’ont pas d’idée séparatiste”.

Evoquant l’application de la charia, le président de l’Assemblée régionale de Kidal a souligné que ”les responsables d’Ançar Eddine ont été jusqu’à dire que ‘même s’il faut appliquer la charia à Abeïbara seul, ils allaient l’appliquer’. Ils n’ont pas parlé de tout le Mali”, précisant que ”tout est à discuter avec le Mali et la charia est à discuter aussi, ce n’est pas fermé”.

Homeny Belco Maïga a confié que ”en application de la charia, pour rouvrir l’école, ils demandent à ce que les filles soient séparées des garçons, je crois que c’est une possibilité. Ils demandent aussi que les enseignants ne soient pas des chrétiens mais des musulmans. Ils disent qu’ils sont prêts à sécuriser toute personne (musulman ou chrétien) qui vient pour le développement de la région de Kidal”.

Par ailleurs, a-t-il ajouté ”maintenant, ils n’acceptent pas des gens de Kidal, même s’ils ne sont pas musulmans, qui veulent construire par exemple des églises. Or, à Kidal, on sait qu’il n’y a pas de chrétiens parmi ses ressortissants”.

Dans ses recommandations, la Coalition pour le Mali a souhaité le retour de l’Etat dans les régions occupées. Selon Homeny Belco Maïga, ”l’Etat peut revenir, mais sous une autre forme. Il faut redéfinir les conditions de ce retour”.

Celui-ci a conclu que ”les maîtres des lieux sont prêts pour le retour des ONG, électricité, téléphones, etc. Aujourd’hui, les services de santé sont déjà fonctionnels à Kidal. La zone est bien approvisionnée, mais il n’y a pas d’argent. Sans le salaire des fonctionnaires, sans d’autres revenus, on ne peut avoir d’argent”.

L’Indicateur du Renouveau

31 Août 2012