Présidence de la ligue de Bamako : Entre le bon et la brute

Selon toute vraisemblance, le choix des différents représentants des clubs de deuxième division et des six districts sera vite fait en faveur du président sortant, lequel jouit d’une forte personnalité et dispose d’un bilan fortement apprécié dans les milieux sportifs.

En effet, l’avènement de Boubacar Monzon Traoré à la Ligue de Bamako aura pour le moins permis de renforcer son rôle de locomotive du football malien. Aujourd’hui, la Ligue de Bamako compte les meilleurs clubs du pays, avec onze d’entre eux en Ligue 1, des clubs de deuxième division bien solides et des districts bien structurés. Grâce à un savoir-faire bien reconnu, Boubacar Monzon Traoré a su régulariser et diversifier des compétitions au niveau de toutes les catégories d’âge et du football féminin, avec des sponsors de plus en plus disposés à accompagner la dynamique d’épanouissement du football.  Avec un si beau tableau, qui annonce sans doute de belles perspectives, des avis objectifs penchent logiquement du côté du président sortant.

D’autant qu’en face, il y a plutôt une candidature peu solide, aux fortes odeurs de revanchardes. Là justement se trouve la première faiblesse du candidat Sékou Diogo Kéita. Ancien président délégué du CSK, Sékouba Kéita voit en la présidence de la Ligue de Bamako le meilleure moyen de prendre sa revanche sur ceux qui, à ses yeux, seraient à l’origine de son échec face à Salif Kéita,  lors de leur fameux litige autour de la paternité de centre.

Le handicap,  pour lui, c’est que non seulement il manque de maturité, mais aussi il est perçu comme un personnage belliqueux pour qui l’argument de la force est à l’ordre du jour. Celui qui se présente volontiers – pour les besoins de la cause – comme le grand-frère de l’international Seydou Kéita ne dispose pas de la force des arguments pour séduire les électeurs.

A l’adresse de ceux-ci, il a émis, en lieu et place d’un programme, un catalogue de bonnes intentions dont les différents points paraissent peu réalistes. Intitulé ” Mon engagement durant mon mandat “, la profession de foi de Sékouba Kéita énumère un chapelet de promesses pour lesquelles aucun moyen de réalisation n’est signalé. Cette déclaration d’intention justifie ainsi des convictions selon lesquelles, le candidat Sékouba Kéita est plus un rêveur qu’un candidat à prendre au sérieux. Reste que le collège électoral de la ligue de Bamako doit  être suffisamment mûr pour trancher dans le bon sens.

F.M

Aurore 21/07/2011