Préparatifs de la présidentielle Après Sarkozy, Soumi court derrière Obama


Gagner une élection n’est pas seulement une affaire nationale en Afrique. Il faut aussi étoffer le carnet d’adresses pour miser sur les coups de pouce. Cette réalité politique africaine, le parrain de l’Union pour la République et la démocratie (URD), Soumaïla Cissé, semble l’avoir comprise 5 sur 5. Lui que beaucoup de Maliens considéraient comme le candidat des puissances étrangères ne ménage aucun effort pour se tailler une image reluisante sur le plan international.

C’est ainsi qu’il avait conquis déjà le soutien de la puissance colonisatrice dans la perspective de la présidentielle avortée du 29 avril 2012. Nicolas Sarkozy, alors président de la France, semblait être un soutien stratégique pour l’enfant de Niafunké. D’ailleurs ce dernier n’avait pas manqué d’envoyer un responsable de son parti (UMP) à la convention d’investiture de Soumaïla Cissé au Palais de la culture au mois de novembre dernier.

Invité à prendre la parole lors de cette investiture, l’illustre invité ne s’était même pas gêné dans son inélégance diplomatique. L’envoyé du parti de Sarkozy avait dit clairement aux Maliens que “le seul parti ami de l’UMP au Mali, c’est l’URD”. Ainsi tombait les masques. C’est vrai qu’après que cette déclaration eut suscité des polémiques au Mali, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères à l’époque, M. Valero, était obligé de faire une sortie médiatique pour recadrer l’inélégant envoyé spécial en précisant que “la France n’avait pas de candidat et que tout ce qu’elle souhaite, c’est la bonne organisation des élections”, mais le coup était déjà parti et le message avait été bien saisi.

Un autre fait qui illustrait les accointances entre Soumi et Sarko, c’est l’ambassade de France au Mali qui hébergeait le candidat de l’URD au temps fort de la crise politico-sociale que connait notre pays, et c’est dans un véhicule de cette représentation diplomatique que l’homme faisait ses déplacements à Bamako. On a pu le constater lors d’un meeting du FDR à la Bourse du travail. C’est dire que tout était bien parti pour que Soumi s’adjuge la caution hexagonale.

Mais l’homme propose, Dieu dispose, dit-on. Les illusions de l’enfant de Niafunké se sont envolées quand les Français ont refusé de reconduire Nicolas Sarkozy dans ses fonctions en mois de mai dernier. L’homme que les Maliens qualifiaient de parrain du MNLA et de Soumaïla Cissé, a donc été renvoyé de son fauteuil au profit de François Hollande.

La joie fut grande pour les Maliens, ne serait-ce que par rapport à l’affaire MNLA. Et la thèse selon laquelle la défaite de Sarkozy a précipité l’anéantissement de ce mouvement terroriste au Nord de notre pays est bien défendue par les Maliens. C’est dire aussi que Soumi n’a pas été le seul à pleurer le départ de Sarko, il y a bien sûr le MNLA.

Perdant un soutien aussi stratégique, Soumaïla Cissé ne pouvait que lorgner d’un autre côté, François Hollande n’étant pas habitué à ces genres de pratiques  qui ravivent le souvenir de la Françafrique. Et il en a trouvé de meilleur en la personne de Barack Obama, le président des Etats-Unis d’Amérique, candidat à sa propre succession pour la présidentielle de novembre prochain.

En convalescence en France, Soumaïla s’est envolé le week-end dernier pour les Etats-Unis d’Amérique en vue de participer à la Convention démocrate qui débute aujourd’hui à Charlotte (Caroline du Nord). S’il parvient à nouer une amitié avec le locataire de la Maison Blanche et que le mandat de ce dernier est renouvelé par les Américains, Soumi Champion pourrait s’en frotter les mains. Bénéficier du soutien de la première puissance mondiale n’est pas une mince affaire. Mais en attendant, il doit serrer les dents pour que la carte Obama passe au mois de novembre.

Abdoulaye Diakité

L’ Indicateur Du Renouveau 05/09/2012