PR. DIALLA KONATE Un humaniste, un intellectuel, un militant

 

“Nous sommes très tristes, moralement effondrés par cette nouvelle. C’est un coup de massue !”. C’est en ces termes que le secrétaire administratif du parti Sadi, Nouhoum Kéita, nous a commenté la mort du Pr. Dialla Konaté. Cet universitaire émérite, diplômé de prestigieuses écoles d’économie américaines est décédé ce jeudi 13 septembre dans la matinée à l’Hôpital du Mali des suites d’une courte maladie. L’annonce de sa disparition a sommé comme un coup de tonnerre et a provoqué un vif émoi dans le monde politique et universitaire.

Basé aux Etats-Unis depuis plusieurs années, le “Professeur” (comme l’appelaient certains), avaient décidé de signer son come-back dans son pays natal. Ses tribunes publiées dans la presse, ses participations au Forum national sur l’éducation et aux conférences débats dans l’espace universitaire et politique, lui donnent le mérite de sa contribution de qualité au débat politique, à l’éveil de conscience des jeunes et à l’ancrage démocratique dans notre pays. Sa vie durant, Dialla Konaté a partagé son savoir avec les autres, notamment les nouvelles générations en quête de repères.

C’est à juste titre que Nouhoum Kéita, avec lequel il a milité dans la Coordination des organisations patriotiques (Copam) retient de lui “un homme extrêmement ouvert, très attaché à son pays, le Mali, qu’il aimait avec passion”. “Il était un patriote intransigeant, mais profondément humain, toujours guidé par le sens du compromis”, témoigne le secrétaire administratif du parti Sadi.

“Un patriote, un homme de conviction”

“Au plus fort de cette crise politique institutionnelle et sécuritaire que notre pays traverse en ce moment, confie notre interlocuteur, Dialla Konaté s’est saisi de toutes les tribunes pour donner sa lecture de la situation et avancer des propositions concrètes. Il était un animateur de premier plan de la vie politique nationale”.

“C’était un intellectuel organique, extrêmement brillant, un militant désintéressé. Je l’ai approché de près il y a quelques années. Nous partagions cette même passion du Mali. Son sens des relations humaines et ses capacités d’analyse lui permettent d’aborder toutes questions politiques et scientifiques de notre époque. Il surprenait par son esprit d’ouverture. Il n’avait pas d’ennemi… Nous perdons un intellectuel, mais aussi un homme politique, un patriote. Je suis vraiment triste. Extrêmement triste… Nos pensées pour sa famille, ses proches…”, nous a déclaré Nouhoum Kéita, le cœur meurtri.

Ce qui est remarquable chez Dialla Konaté, c’est surtout son attachement aux valeurs sociétales de son pays. Ce qui fera dire à Fabou Kanté, président de la coordination des jeunes de la Coalition patriotique pour le Mali (dont il était le président), qu’il connaissait parfaitement son pays, contrairement à certains commentaires sur lui.

“Dialla connaissait le Mali sur le plan social, économique et culturel, et savait les racines et les fondements de son pays”, témoigne M. Kanté, qui retient de lui “un patriote engagé”. “On peut tout reprocher à cet homme sauf qu’il n’aimait pas le Mali. Dialla était engagé pour son pays, et il l’est resté jusqu’à sa mort. Je me rappelle qu’aux premières heures de sa maladie, lorsqu’un de ses proches lui a conseillé d’aller se faire soigner, il répondait en ces termes : je préfère mourir que de tourner dos au Mali. Ce qui était frappant chez Dialla Konaté, c’est aussi son humanisme, son sens des rapports humains. Dialla était un intellectuel au vrai sens du terme”, témoigne Fabou Kanté.

“Du 22 mars, date du coup d’Etat, à ce jour, tout ce que Dialla Konaté m’a prédit sur l’évolution de la situation, est en train de se réaliser. Sa mort est une grosse perte pour le Mali”, conclut le militant de la Coalition patriotique pour le Mali.

Bref, avec la mort de Dialla Konaté, le Mali perd un de ses dignes fils. Dors en paix Professeur !

Issa Fakaba Sissoko

L’Indicateur Du Renouveau 17/09/2012