NORD-MALI : la chronologie des événements de Dioncounda Traoré

Le camp militaire de cette localité, a de nouveau été attaqué le 24 janvier. Des
exécutions sommaires de militaires faits prisonniers ont eu lieu à la suite de cette
attaque. Une centaine de victimes auraient été dénombrées.
Le 26 janvier, la garnison dAndéramboukane (cercle de Menaka), attaquée par un
groupe de rebelles.
Le même jour, un autre groupe rebelle fit son entrée à Léré (cercle de Niafunké),
que l’armée avait évacué la veille. Plusieurs postes militaires susceptibles d’être
exposés aux coups de mains des rebelles auraient reçu des consignes de repli vers
les garnisons plus sécurisées.
Le 31 janvier, au milieu de l’aprèsmidi, un groupe rebelle a tenté d’entrer dans la ville
de Niafunké sur le fleuve Niger. Il a été repoussé par l’armée après plusieurs heures
de combats.
Le 1er février, à la suite d’une manifestation d’épouses et d’enfants de militaires
des violences ont été exercées à Kati sur les propriétés et domiciles de citoyens
appartenant à la communauté Kel Tamasheq.
Ce même jour, des rebelles ont fait leur entrée à Ménaka que l’armée avait évacué
la veille. Les positions de l’armée à Niafunké ont essuyé des tirs rebelles dans la nuit
du le’ au 2 février.
Le 2 février, les manifestations commencées à Kati se sont étendues à Bamako
où de groupes de jeunes ont brûlé des pneus, posé des barricades, pillé des biens
privés. Plusieurs compatriotes d’origine Touareg ont reçu des menaces.
Ces menaces ont été le prélude d’un départ de nombre citoyens, cadres et
personnalités touarègues et arabes vers l’intérieur et l’extérieur du pays.
Bien qu’aucun bilan précis ne soit disponible, il semble que les attaques contre les
six localités et les violences qui s’en suivirent auraient laissé des dizaines de morts

de part et d’autre.
Le 8 février un groupe de rebelles s’attaquent à la garnison Tinzawattene,
à la frontière avec l’Algérie. Les éléments de la compagnie se replient sur
TinzawatteneAlgérie sur instruction du commandement.
Le 11 février, l’armée reprend le contrôle de Léré que les rebelles avaient quitté peu
avant.
Cette brusque détérioration de la situation sécuritaire dans la partie Nord du pays a
provoqué une psychose généralisée et entraîné un exode des populations civiles.
Plusieurs milliers de Maliens se sont réfugiés en Algérie, au Burkina, en Mauritanie et
au Niger.
Outre ces réfugiés, des milliers de déplacés internes ont quitté leurs résidences
habituelles (à Tessalit, Kidal, Anéfis, Aguelhok) par peur des combats ou des
représailles. Elles vivent, comme on peut l’imaginer, dans des conditions précaires,
dans un état de détresse humanitaire qui requiert une réponse urgente en termes
d’assistance médicale et de nourriture.
Les attaques rebelles ont entraîné, dans la plupart des localités visées un exode des
populations, des agents de l’Administration et de leurs familles.
Conséquence de la psychose généralisée, la vie économique, sociale et
administrative est paralysée dans les zones concernées.
2. Action Urgente :
Cette recrudescence de la violence et de l’insécurité (dans un contexte d’insécurité
alimentaire), les mouvements de populations civiles sont de graves menaces à l’unité
et la cohésion nationales.
Il est apparu aux partis représentés à l’Assemblée Nationale qu’il était urgent de se
concerter afin de
de mettre fin aux amalgames et à la confusion,
de faire taire les armes, de rassurer les populations,
d’engager, sans délai, un dialogue pour la paix et la stabilité.
C’est ainsi qu’ils se sont réunis successivement les 2 et 3 février 2012 et ont décidé
de dépêcher une délégation auprès du président de la République.
Reçue le 4 février 2012, cette délégation a soumis au Chef de l’Etat un projet de
Forum national pour la paix et la stabilité au Mali. Celuici a favorablement accueilli
l’initiative et a encouragé la classe politique à s’investir pour faire taire les armes,
oeuvrer au retour de la paix, renforcer la cohésion de la Nation.
A la suite de cette audience, les Partis politiques ont élaboré le Plan d’action pour la
paix et la stabilité au Mali dont les grandes lignes vous seront exposées.
Ce Plan d’action a été approuvé par le président de la République, à l’issue de sa
rencontre avec la délégation mandatée par les Partis politiques, le 10 février 2012.

22 Septembre 20/02/2012