NORD DU MALI: Situation tendue à Kidal

Le samedi 15 août, à Touzik (Kidal), des échanges de tirs ont opposé combattants de la Cma et du Gatia.

Trois jours après l’entrée fracassante de nombreux combattants du Gatia dans Kidal, jusqu’ici contrôlée par les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad, la situation est tendue dans la ville où la CMA n’a guère apprécié cet envahissement et demande un retrait.

Même si des discussions portant sur l’implication du Gatia dans la gestion et dans la sécurisation de Kidal avaient déjà été initiées, et la CMA y est toujours favorable, l’un des chefs de la CMA, Alghabass Ag Intalla, a clairement expliqué que l’entrée de ce groupe à Kidal, avec plus de 80 véhicules et plusieurs centaines d’hommes, bien armés, est une violation de l’accord.

“Nous sollicitons leur départ de Kidal. Nous n’avons pas lancé d’ultimatum mais nous appelons à la médiation internationale et au gouvernement du Mali pour faire respecter l’accord de paix. Le compromis d’Anefif autorise les uns et les autres à circuler librement. Mais, ce qui s’est passé n’est pas une libre circulation, c’est plutôt une annexion, une provocation. Qu’une ou une dizaine de personnes entrent à Kidal pour venir saluer des parents ou pour des visites privées est compréhensible dans le cadre des arrangements d’Anefif.

Toutefois, venir en grand nombre, bien armés, comme si c’est un territoire conquis me parait être de la provocation. Nous gardons notre calme et nous en appelons, encore une fois de plus, à la médiation internationale pour faire respecter l’accord pour la paix”, a confié Alghabass Ag Intalla à la presse.

Et si les combattants de la Plateforme refusaient de quitter Kidal, qu’allez-vous faire ? “Nous voulons pour l’instant éviter l’affrontement. Nous voulons donner encore la chance au processus de paix d’aboutir. Mais, à l’impossible nul n’est tenu et nous aviserons au moment venu”, nous a confié le représentant de la CMA à Kidal.

Mais en attendant qu’un accord soit trouvé sur le sujet, les ex-rebelles, qui contrôlent toujours la ville, affirment “ne pas être d’accord avec la façon cavalière et inattendue dont le Gatia a pénétré dans Kidal”. La demande de retrait ne concerne que la branche militaire du Gatia : les civils et les représentants politiques étaient déjà bienvenus auparavant, ils le restent.

Du côté du Gatia, on évoque plutôt l’idée d’un retrait partiel, d’une réduction du nombre de ses combattants présents dans la ville. Au moins une cinquantaine de pickups chargés d’hommes armés sont arrivés à Kidal. “Nous ne sommes pas contre l’idée de réduire notre présence”, affirme un chef du Gatia, qui assure vouloir trouver une solution qui satisfasse tout le monde. La tension demeure donc, mais aucun incident n’est à signaler dans la ville entre les deux groupes, dont les chefs poursuivent pacifiquement leurs échanges.

Du côté de la médiation, on préfère jouer la prudence. Des contacts sont établis avec les groupes armés, les ex-rebelles de la CMA ont d’ailleurs écrit une lettre officielle au chef de la Mission des Nations unies pour demander le retrait des combattants du Gatia, membre de la Plateforme pro-Bamako, qui ont pénétré dans Kidal.

Mais pour le moment, la médiation se positionne plutôt en observateur. “On est là, on échange avec les groupes, explique une source onusienne, notre but c’est d’éviter l’escalade, mais comme on voit qu’ils se parlent et qu’ils veulent régler ça pacifiquement, on attend de voir”.

Rassemblés par Nabila