Meilleur livre de l’annee 2012 « Femme sans avenir » se taille la part du lion

En ce mardi 8 janvier 2013, la diversité de la crème des arts et de la culture malienne était au rendez-vous dans la salle de spectacle de l’Institut français de Bamako. La présence d’anciens ministres de la Culture, tels Ntji Idriss Mariko, Cheick Oumar Sissoko, Aminata Dramane Traoré, etc. témoignait de l’importance de la cérémonie : celle qui consacrait la désignation du meilleur livre de l’année 2012.

nitié par un regroupement composé de structures éducatives et de promotion de la lecture, ce prix consacre la récompense du mérite dans le domaine de littérature.

Le comité de nomination mis en place est constitué des éditions La Sahélienne, les librairies Bouya Bâ, « Je lis, j’écoute », la librairie de l’Hôtel Radisson, la boutique du Musée et la Maison Carpe Diem. Tandis que le jury d’élection était composé d’éminents hommes de culture comme Doumbi Fakoly, président de la Ligue des écrivains, Macky Samaké de l’Université des lettres de Bamako, l’ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko, etc.

Avec « Femme sans avenir », de l’avenir dans la littérature

Pour la conquête du prestigieux prix du meilleur livre de l’année 2012, plusieurs œuvres étaient en compétition. Si « Femme sans avenir » de Hanane Kéita s’est taillé la part du lion, le pari n’était pas gagné d’avance face à d’autres œuvres d’une rare facture comme « L’Etat au Mali » de Moussa Mara, « Le Mali, la nation trahie » de Moussa Balla Coulibaly ou encore « L’Afrique mutilée » d’Aminata Dramane Traoré.

« Femme sans avenir » est le récit d’une histoire entre Kady et Karim, un couple d’intellectuels épanouis, parents de quatre enfants. Lorsque le mari décide de prendre une seconde épouse, ce choix sera vécu par sa conjointe comme une immense trahison. On croit savoir ce que renferme un cœur de femme, jusqu’au jour où Kady nous raconte cette histoire, nous faisant atterrir au plus profond du désespoir féminin, de la trahison ressentie, des larmes, de la solitude et de la descente en folie.
« Femme sans avenir » est un récit douloureux, qui pose une vraie problématique autour d’un fait société : celui de la polygamie. Pour ou contre, l’auteur est formel : « Aux lecteurs de juge », nous répond-elle à la question de savoir si cette œuvre est une dissuasion à l’option polygamique du mariage.

Séduit, bouleversé par le récit, le critique littéraire Ousmane Diarra va jusqu’à « interdire » la polygamie à ses enfants. Il a ses raisons. Mais on peut être favorable à la polygamie, en revanche la qualité d’écriture de ce livre est incontestable. Un récit captivant, accrocheur, « Femme sans avenir » est un livre de son époque, car il expose la douleur d’une femme soumise au régime polygamique. « Ce livre permet de comprendre notre société, et la jeunesse doit s’en approprier », tranche l’écrivain Ousmane Diarra.

Le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, qui a salué la qualité littéraire de l’écrivain, a adressé une mention spéciale au mouvement « Malivaleurs ». Présidé par Ismaël Samba Traoré, ce mouvement s’est fixé comme objectif de contribuer, à travers le débat intellectuel, à la promotion des valeurs maliennes.
Pour le ministre Moussa Bocar Diarra, il s’agit d’une initiative heureuse, au moment où le Mali doit se saisir de ses valeurs pour surmonter la crise qu’il traverse. Le contexte difficile du Mali a affecté le secteur de la production culturelle et artisanale. En dépit de cette situation, certains écrivains se battent pour maintenir le flambeau, s’est félicité le ministre. Et de laisser entendre que cet engagement des intellectuels maliens permet de croire que la production littéraire est encore vivante au Mali.
Issa Fakaba Sissoko

A son premier livre, elle déchaine déjà les passions à travers sa plume. D’une rare qualité d’écriture Hanane Kéita est véritablement bien partie pour une carrière prometteuse dans la littérature, et se positionne comme une des valeurs sûres de la relève des écrivains. Mme Hanane Kéita fit des études de lettres modernes à l’Université Ain-Chams du Caire en Egypte où elle est née. Interprète-traductrice, elle a longtemps travaillé à l’ambassade d’Arabie saoudite à Bamako.

L’ Indicateur Du Renouveau 2013-01-10 01:37:13