Maliba

Ils sont armés, lourdement armés et pointent leurs armes sur ceux là qui  n’ont que leurs dix doigts et leur amertume d’être colonisés sur leurs terres propres. Des femmes à Kidal se sont insurgées devant ce qu’elles estiment une tentative d’effacement de leur culture et un anéantissement de leur civilisation, au nom de la force et de l’intolérance. Cette résistance multiple et multiforme est bien la preuve que les Maliens ne sont  pas un peuple couché, acceptant l’asservissement.

A Gao le peuple a dit Non et continuera de le dire sur tous les fronts Nord malgré la nette impression qu’il a été abandonné à son triste sort. Partout, il s’est installé dans la certitude que son armée ne viendra pas à lui.

C’est pourquoi il ne reste plus que la plus pire des solutions, mais a-t-il vraiment le choix ? Il ne reste plus que l’auto défense, la milice civile en lieu et place de l’armée régulière. Il ne restera plus que la guerre du pot de fer contre le pot de terre. Mais a-t-il vraiment le choix, en ces temps de martyrs ?

Au sud, le pouvoir politique englué dans ses querelles byzantines en est à se disputer  les lambeaux d’un pouvoir déchiqueté. Et il risque d’arriver tard,  trop tard, lorsque son regard  et sa pensée croiseront ce qui sera resté de l’autre part de lui-même.

S. El Moctar Kounta

Le Républicain Mali 16/05/2012