LA SAIGNEE CONTINUE AU C. E DE L’ADEMA PASJ Ibrahima N’Diaye dit « Iba » claque la porte à son tou

Après donc les départs de Sékou Diakité, Soumeylou B.  Maïga et bien d’autres anonymes, l’ex-parti majoritaire, l’Adema PASJ continue sa descente aux enfers.

En effet, l’on se rappelle encore de la démission fracassante et surprenante du 2ème Vice-Président, Sékou Diakité, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle et qui a immédiatement rallié la CODEM du jeune Housseini A. Guindo. Aujourd’hui, voilà qu’un autre cacique du parti de l’Abeille solitaire, Ibrahima N’DIAYE, 1er Vice-Président du Comité Exécutif assurant jusqu’ici l’intérim à la présidence depuis l’investiture de Dioncounda Traoré à la magistrature suprême du pays le 12 avril 2012, qui, à son tour,  claque la porte.

Ainsi, donc, on pourrait dire que l’Adema subit toujours les conséquences d’un processus de désignation de son candidat à l’élection présidentielle de 2013.

Faut-il rappeler qu’à la suite du coup d’état du 22 mars 2012, ayant entrainé l’annulation de l’élection présidentielle d’avril 2012 et l’investiture de Dioncounda Traoré, alors président de l’Assemblée nationale, comme président de la République par intérim, conformément à la Constitution du 25 février 1992, l’Adema avait enclenché un processus de primaire visant à désigner le candidat devant défendre les couleurs du parti à l’élection présidentielle de 2013. Le processus fut long et délicat. Finalement, contre toute attente, ce fut Dramane Dembélé, un jeune cadre du parti totalement inconnu du grand public, qui a été proposé par la Commission de bons offices mis en place par le C.E à cet effet.

Beaucoup de choses ont été dites et écrites à ce sujet. Mais rien n’y fît. Ce choix fut respectivement entériné par le Comité Exécutif et par la Conférence Nationale du parti malgré les multiples griefs et autres reproches faits par les uns et les autres quant à la sincérité, la transparence et l’objectivité d’un tel choix. Depuis, lors le parti est secoué par une crise de confiance sans précédent, ayant déjà occasionné le départ de plusieurs cadres et non des moindres vers d’autres horizons jugés plus cléments. Parmi ceux-ci on peut citer entre autres Soumeylou Boubèye Maïga, Sékou Diakité et bien d’autres qui ont mis en veilleuse leur militantisme au sein du parti.

Le premier tour de l’élection présidentielle s’est tenu dans un tel climat de méfiance, de suspicion et de croc-en-jambe généralisé. Naturellement de son rang de première force politique du pays avec ses 56 députés à l’Assemblée Nationale et ses 3 500 conseillers communaux repartis sur l’ensemble du territoire national, le candidat investi de l’Adema a occupé une place peu honorable de 3ème derrière Ibrahim Boubacar Keita du RPM et Soumaïla Cissé de l’URD, tous deux sortis de ses entrailles à la suite de choix controversés ou mal négociés. La situation de crise interne au parti a été accentuée par la prise de position du candidat Dramane Dembélé au second tour de la présidentielle, appelant les militants à reporter leurs voix sur le candidat du RPM, Ibrahim Boubacar Keita au détriment de celui de la plateforme politique de l’ADR/FDR dont lui-même a été signataire au compte de son parti en mai 2013. La crise qui couvait jusque-là a tout de suite pris une nouvelle tournure avec une guerre ouverte entre ce qui restait du Comité Exécutif (C.E) et le candidat du parti à l’élection présidentielle Dramane Dembélé qui aurait bénéficié, à ce sujet, du soutien de plusieurs structures de base ainsi que celui, très décisif, du Président de la république par intérim, qui de surcroît demeure toujours président légitime du parti jusqu’au prochain congrès maintes fois reporté en raison de la situation politico-sécuritaire du pays.
Les conséquences d’un processus des primaires, très mal conduit de l’avis de nombre de militants et sympathisants du Parti africain pour la justice et la solidarité (PASJ), continent donc à provoquer des vagues dans la Ruche. A l’allure où vont les choses, il y a craindre que l’Adema ne soit plus ce grand parti panafricaniste qui se comparait fièrement à d’autres grands partis du continent dont l’ANC en Afrique du Sud ou le PDCI en Côte d’ivoire, entre autres. Les querelles de personne et de leadership sont passées par là et ont causé des dégâts incommensurables à ce parti qui n’aura finalement pas résisté aux conséquences désastreuses de ses choix hasardeux lors de scrutins électoraux en 2002, 2007 et 2013. La présente crise risque de s’avérer lourde de conséquence pour la survie et les ambitions du parti à court et moyen termes.

Que c’est dommage pour les milliers de militants et sympathisants qui ont de tout temps cru aux valeurs fondatrices de ce parti avant-gardiste et porteur d’espoir dans le combat pour la démocratie au Mali !

Quant au sujet du jour (la démission d’Iba), les prochains jours et semaines à venir nous édifieront davantage sur les raisons profondes et les motivations réelles de ce départ ainsi que sur l’avenir politique de l’intéressé.

Bréhima Sidibé

L’indicateur Renouveau 2013-08-16 09:03:13