SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE – Le jeu des alliances

D'après plusieurs analystes, l'homme d'affaires Aliou Diallo arrivé 3e lors du 1er tour de la présidentielle malienne devrait se joindre à Soumaila Cissé pour faire barrage à son ex-mentor lors du scrutin de 2013, Ibrahim Boubacar Keita. Mais pour Dr Sékou Diakité de la Faculté des Sciences économiques et de gestion, observateur de la scène politique malienne, il est difficile que l'ancien Premier ministre Cheick Modibo Diarra, classé 4e lors du 1er tour avec 7,46% des voix, se rallie à Soumaila Cissé.

Après le 1er tour du scrutin présidentiel, le jeu des négociations a commencé du côté des candidats malheureux. Les regards sont tournés vers les faiseurs de roi qui occupent la troisième et la quatrième place.

D’après plusieurs analystes, l’homme d’affaires Aliou Diallo arrivé 3e lors du 1er tour de la présidentielle malienne devrait se joindre à Soumaila Cissé pour faire barrage à son ex-mentor lors du scrutin de 2013, Ibrahim Boubacar Keita. Mais pour Dr Sékou Diakité de la Faculté des Sciences économiques et de gestion, observateur de la scène politique malienne, il est difficile que l’ancien Premier ministre Cheick Modibo Diarra, classé 4e lors du 1er tour avec 7,46% des voix, se rallie à Soumaila Cissé.

« Cela m’étonnerait que l’ancien Premier ministre Cheick Modibo Diarra aille vers Soumaila Cissé parce qu’il y a eu beaucoup de flèches lancées de part et d’autres entre les deux camps ces derniers temps. Mais si jamais Soumaila Cissé parvient à avoir l’accord de Cheick Modibo Diarra, cela relancerait complètement le second tour. Inversement si c’est IBK qui obtient le soutien de l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra, les dés seront pipés pour Soumaila », explique Sékou Diakité.

Le rôle des autres candidats

Dans ce jeu des alliances, il faudra aussi composer avec les candidats ayant obtenu un faible score lors du 1er tour. C’est ce que pense le journaliste indépendant et chroniqueur Moussa Bolly.

« Beaucoup d’observateurs pensent même que ce sont des candidatures satellites pour fractionner l’électorat malien et favoriser l’élection du président Ibrahim Boubacar Keita dès le 1er tour. Cette élection le « Takokelen » (l’élection dès le 1er tour) n’ayant pas eu lieu, nous pouvons donc penser que ces candidats vont revenir vers le RPM, le Rassemblement pour le Mali, parti au pouvoir, pour essayer de négocier un quelconque soutien au Président sortant », analyse-t-il.

Des consignes de vote parfois pas respectées

Pour Baba Dakono, chercheur à l’institut d’études de sécurité ISES, bureau régional de Dakar basé à Bamako, le jeu reste ouvert et les consignes de vote des candidats ne seront pas forcément respectées par les électeurs.

« C’est vrai que ces alliances peuvent avoir un poids politique pour l’un des deux candidats. Mais au final, c’est une nouvelle élection pour le scrutin présidentiel du 12 août. En cela, les candidats doivent faire jouer leurs personnalités et tout leur poids politique, car le report de voix est loin d’être systématique. »

Pour l’instant, officiellement, Djénébou Ndiaye, la seule candidate a cette élection présidentielle, qui a obtenu le suffrage de plus de 11.000 Maliens soit un score de 0,36% des voix, a appelé à voter pour le président sortant, Ibrahim Boubacar Keita, ce dimanche 12 août 2018.

DW