Gabon : 77% des enfants victimes de violences physiques, psychologiques, morales et sexuelles.

77% des enfants au Gabon sont victimes de violences physiques, psychologiques, morales et sexuelles, selon l’étude publiée le 15 juin à Libreville par l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE). Divulguée à l’occasion de la célébration de la journée de l’enfant africain, le document souligne que ces quatre types de violences se traduisent par les bagarres, les agressions dans la rue, les bastonnades, la traite, le travail forcé, les insultes et les viols.

Menée auprès des enfants âgés de 8 à 17 ans non scolarisés et scolarisés, la société civile et les institutions, les hôpitaux, les prisons, l’étude fait également état d’une violence domestique due à la faillite de la structure familiale et à une recrudescence des violences familiales. En effet, «40,6% des cas de violences contre les enfants s’exercent dans un contexte familial, 32,4% dans la communauté, 12,9% à l’école, 1,4% au sein de l’appareil judicaire et 0,2% dans les structures d’accueil des enfants en difficulté», indique l’étude.

«Les causes d’ordre social et psychologique telles que le manque de repères au niveau sociétal et l’effondrement des valeurs traditionnelles, le divorce, la séparation et le concubinage des parents, l’abus d’alcool (…) sont responsables de 64,6% des violences contre les enfants», poursuit le rapport, qui souligne part ailleurs que «la violence contre les enfants est également motivée par la situation économique, notamment le chômage des parents, la frustration et la précarité des familles, la pauvreté galopante dans un pays comme le Gabon où l’économie est essentiellement tributaire des activités pétrolières, minières et forestières.»

En outre, la culture, notamment l’obscurantisme de certaines pratiques néfastes telles que l’excision, l’homicide, la mutilation, les scarifications, la dictature du droit d’aînesse, la croyance à la sorcellerie et au mysticisme sont à l’origine de 9,4% des cas de violences contre les enfants gabonais, qui affirme l’étude, «doivent également affronter une “violence politique” du fait de certaines personnes voulant coûte que coûte accéder au luxe et à un niveau de vie confortable qui n’hésitent pas à emprunter des raccourcis stratégiques les contraignant à certaines pratiques fétichistes, incestueuses…».

L’élaboration de l’étude sur les violences subies par les enfants au Gabon, a été décidée en janvier 2009 à l’issue d’entretiens entre le ministère gabonais de la Santé et le représentant sous-régional de l’UNICEF.

Auteur : Gaboneco 

Source : AGP