DECEDE LE 19 JUILLET 2015 Benogo Dao de “L’Indicateur du Renouveau” inhumé hier

Benogo Daou

On n’entendra plus son rire contagieux, ses piques frappées au coin du bon sens. Sont orphelins tous ceux à qui il rendait discrètement service. Benogo Dao, né le 11 août 1975 à Kati, a, en effet, emprunté le train de l’infini le dimanche 19 juillet dans la fraîcheur de la pluie bénite de la veille. Il nous laisse dans la plus grande nostalgie, mais surtout sa veuve Aminata Sanogo et son fils Zana, inconsolables.

Après ses primaires à l’école fondamentale de Somasso, où il avait suivi son père, retraité de l’armée, le diplôme d’études fondamentales (DEF) au second cycle à Bla II, il a fréquenté le lycée Abdoul Karim Camara dit Cabral (LAKCC) de Ségou où il décrochera le baccalauréat en série sciences humaines (SH). On était en 1998.

Pour ses études supérieures, il optera pour la Faculté des sciences juridiques et politiques (ex-ENA). Nanti du diplôme de droit public de la FSJP, Benogo Dao, pour contourner le chômage, va tâter du journalisme. Il sera successivement reporter à “Mali-Demain”, “Le Populaire”, à l’Opinion… avant de poser ses valises au “Groupe Renouveau”, éditeur, entre autres publications, de “L’Indicateur du Renouveau”.

Et comme “entrer dans le komo existe, mais en sortir n’existe pas”, la transition sera définitive pour lui. Bien que déterminé au départ à intégrer coûte que coûte le corps des magistrats, il finira par jeter son dévolu sur le monde de la presse. Il était tellement d’un bon commerce, droit dans ses bottes et honnête que des organisateurs n’hésitaient pas à lui confier le volet médiatisation de leurs événements.
Benogo Dao a certes couvert beaucoup de sessions de Cour d’assises, qui semblaient son point de prédilection, mais il s’exerçait aussi avec beaucoup d’application sur d’autres terrains comme le reportage, le portrait, le commentaire sportif, l’interview, la revue de la presse sur “Renouveau FM”.

Ben, nous te savions malade depuis plus d’un an, nous savions que tu livrais un duel épique contre une leucémie myéloïde chronique (LMC), mais la mort, parfois inattendue, est toujours inexorable.

Peu connue, la LMC qui t’a emporté Ben est une variété de cancer du sang, caractérisée par la production excessive des globules blancs dans la moelle osseuse (organe qui produit le sang). Elle est due à une anomalie génétique acquise. Tu te battais pour que sa prise en charge soit une réalité au Mali eu égard à la cherté des soins.
C’est vrai que la cause réelle de cette maladie n’est pas connue, mais tu savais que sans traitement, elle peut évoluer vers des complications graves avec un risque vital. La LMC est très rare chez les enfants, mais sa fréquence, écrivais-tu récemment, augmente avec l’âge. Au Mali, tu savais bien qu’elle représente le deuxième cancer du sang le plus fréquent.

Merci pour le combat. Nous nous souviendrons à jamais de ta contribution positive dans la construction d’un Mali démocratique, égalitaire, laïc où chaque citoyen exerce pleinement ses droits et obéit à ses devoirs et obligations.

Finalement, nous cessons de pleurer de t’avoir perdu trop tôt en nous consolant du bonheur de t’avoir connu.

Dors en paix frère, confrère et ami !

La Rédaction

Source: L’Indicateur Du Renouveau 21/07/2015