De quoi je me mêle / Et si on laissait l’Afrique aux stars ?

Or voici Salif Kéita, Oumou Sangaré, Toumani Diabaté, Mamadou Diabaté, Bassekou Kouyaté, Habib Koité, Nampé Sadio, Rokia Traoré et des dizaines d’autres qui colonisent les hit parades mondiaux. Sans l’aide de l’Etat et comme dit une méchante langue, précisément parce que l’Etat les avait oubliés.  C’est vrai que ça n’a pas marché pour Georges Weah. Il paraît que c’est parce qu’il savait à peine lire son nom. Mais comme Reagan n’était pas mieux, l’explication est forcément ailleurs. Par exemple, dans la peur panique du puissant syndicat présidentiel d’être déboulonné par le plus petit joueur de kamalen ngoni ? Ne me mêlez de ce qui ne me regarde pas et faites vos déductions tout seul.

Déjà que j’ai passé des heures et des heures à attendre, en vain, une Sotrama alors qu’on annonçait sur toutes les antennes, hier soir, que le mouvement « Bamako ville morte » était désavoué par plusieurs corporations. Et déjà que je ne sais même  pas comment retourner à la maison où tout le monde m’attend la bave aux lèvres. Pourquoi ?  Madame voulait trois jours de prix de condiments pour les provisions en vue de la grève et je lui ai rétorqué que le mouvement n’aura pas lieu et que je préfère donner le fric  tous les matins. Quel Malien ne vit pas au jour le jour ? Même le grand frère peut vous bipper, entre le vingt et le vingt huit du mois. Essayez seulement !    

Adam Thiam

Le Républicain 20/12/2011