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CONCRETE : L’HISTOIRE JAMAIS RACONTÉE DE LA FÊTE QUI A CHANGÉ PARIS 2/3

Depuis la première TWSTED en 2011 à l’ouverture de la première édition du Weather Festival au Palais des congrès de Montreuil, l’équipe de Surpr!ze remonte le temps et raconte l’histoire de Concrete, qui a placé Paris parmi les villes qui comptent sur la carte des musiques électroniques. Concrete fête d’ailleurs ses 5 ans du 5 au 7 novembre sur la barge.

Par Raphaël Malkin

Photo en Une : © Luc de Lagontrie

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Choisir un métier

Brice Coudert

“Après trois mois passés sur le bateau, nous voulions partir pour continuer TWSTED. Mais l’automne arrivait, ce n’était plus pareil. On pouvait peut-être continuer sur le bateau. Nous avons donc développé un nouveau projet, qui aurait une récurrence dans ce lieu : Concrete. Pour la première édition, nous avions peur que les gens ne se déplacent pas. C’était la fin du mois d’octobre, il faisait froid, nous étions loin. En fin de compte, ça a été le feu.”

Adrien Betra

“On s’est d’abord dégoté un petit bureau porte des Lilas et Brice nous a bientôt retrouvés. On se débrouillait. Aurélien s’occupait de la logistique et de l’administratif, Brice bookait des artistes et moi, j’activais mes réseaux pour faire connaître l’événement. Tout l’argent que l’on gagnait, on le réinvestissait dans les soirées. Jamais on a eu envie de prendre les bénéfices pour les claquer avec des nanas. Cet argent-là, on voulait qu’il nous permette d’imaginer le futur. C’était simplement l’essence de la fête.”

On voulait juste faire une bonne fête. Tout le monde bossait un peu sur tout, et nous apprenions sur le tas

Brice Coudert

“J’avais un avantage : j’avais tellement traîné ma bosse dans des fêtes en Europe que je connaissais beaucoup d’artistes personnellement. Je pouvais les convaincre facilement de venir jouer pour nous. Mais j’ai dû aussi jouer un peu de flûte. Face à certains bookeurs, je vendais une expérience que nous n’avions pas. On a réussi à attirer du monde en mettant en avant le fait que nous étions passionnés. Je faisais en sorte de bien faire comprendre à mes interlocuteurs que je connaissais le CV de leurs artistes par cœur, que je savais pourquoi et quand les faire jouer.”

Aurélien Dubois

“Il y avait 2 000 personnes par événement et ce truc, on voulait en faire notre vie. Moi, j’avais fait le choix de travailler dans le cinéma, mais je ne voulais plus être l’esclave d’une mécanique qui ne me convenait pas. J’ai quitté mon travail pour me consacrer entièrement à Concrete.”

Brice Coudert

“À cette époque, de mon côté, je travaillais pour une entreprise qui vendait des projets informatiques. Cela faisait plusieurs années que je faisais la fête de manière intensive et je rêvais de travailler dans cette scène. Mais pendant longtemps, je me suis refusé à franchir le pas : je me disais qu’il était impossible de faire quelque chose à Paris, qu’il s’agissait d’un milieu fermé, que la police était sur le dos de tout le monde. Quand Concrete a commencé à marcher, je jouais sur les deux tableaux : le boulot et la fête. Et un jour, mon patron m’a convoqué. Il m’a demandé quelles étaient ces factures d’artistes que j’imprimais au bureau et ce que je pouvais bien foutre pendant mes heures de travail. Je lui ai tout raconté. On a fini par négocier un licenciement à l’amiable. J’avais peur : je ne savais pas vraiment où j’allais. Mais j’étais aussi très heureux, je pouvais enfin faire ce que je voulais vraiment.”

Une petite entreprise

Aurélien Dubois

“Au départ, on gérait notre affaire comme une petite société familiale. Nous travaillions dans une perpétuelle urgence sans prendre rien d’autre en considération que l’ouverture des portes à 6 heures le dimanche matin. On voulait juste faire une bonne fête. Tout le monde bossait un peu sur tout, et nous apprenions sur le tas. Pour développer Concrete, il a fallu se professionnaliser. La vision des événements en tant qu’amateurs et en tant que professionnels sont deux choses qui n’ont absolument rien à voir.”

Adrien Betra

“Nous nous sommes ensuite installés dans un espace plus grand, avec un sous-sol, à Stalingrad. On s’est très vite rendu compte qu’il fallait que l’on soit carré à tous les points de vue, et on s’est donc entourés en conséquence. On avait besoin de gens !”

Dans cet univers, peu importe si l’on sort d’école de commerce, si l’on n’a pour diplôme qu’un CAP en menuiserie ou si l’on sort de prison : ce qui compte, c’est la passion

Laura Lambert, ancienne assistante de direction chez Concrete

“Je finissais mes études et je cherchais un stage. J’ai débarqué dans un drôle de décor. L’espace était auparavant occupé par des Chinois et d’autres Chinois venaient toquer à la porte parce qu’ils pensaient que les gars étaient encore là. Je croulais un peu sous la paperasse. En fait, je me suis vite rendu compte que j’avais été embauchée pour gérer ça, ce “désordre administratif”. Il a fallu ranger tout ce bazar, organiser, classer.”

Souleiman Bouri, ancien chargé de développement chez Concrete

“J’étais en école de commerce et je connaissais Brice de loin : nous avions notamment fait une fête ensemble en Roumanie. Il m’a proposé de venir pour un stage. Le bureau n’était pas très reluisant, nous étions un peu tous les uns sur des autres, mais on bossait. Il fallait tout faire pour que Concrete s’impose.”

Pierre-Louis Hirel, ancien chargé de communication chez Concrete

“Je suis tombé sur une annonce sur Facebook pour un stage en communication. Je leur ai écrit un mail à la volée. Brice m’a appelé et m’a demandé d’être le lendemain à 10 heures au bureau. C’est Adrien qui m’a fait passer mon entretien. Il m’a dit de venir derrière son ordinateur et m’a demandé si je savais faire de la mise en page et si je connaissais quelques personnes pour mettre en place des partenariats. Et il a fini par me demander si je pouvais revenir le lendemain. Tout ça a duré à peine deux minutes.”

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