ATTRIBUTION DE VISA CHINOIS AU MALI La colère des commerçants de la diaspora malienne

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LU Huiying, Ambassadeur de Chine au Mali

Trouver un visa chinois relève, aujourd’hui, du parcours du combattant pour les commerçants maliens installés à l’étranger. Pour décrocher un séjour de 1 mois en Chine, ils sont obligés de fermer boutique pendant des jours et parcourir des milliers de kilomètres afin de se procurer le précieux sésame à l’Ambassade de Bamako.
Suite à la décision de l’Ambassade de la République populaire de Chine à Bamako d’ajouter la prise de l’empreinte digitale aux critères d’octroi du visa chinois en République du Mali, la présence physique de tous les demandeurs de visa chinois est exigée. Ainsi, pour obtenir le document, la délégation n’est plus possible. Chaque demandeur, en cas de besoin, doit obligatoirement effectuer le déplacement à l’institution diplomatique à Bamako.
Si la nouvelle mesure de l’Ambassade ne pose pas trop de difficultés aux commerçants maliens résidant au pays, ceux de la diaspora peine à s’y accommoder. Les nouveaux critères de l’institution diplomatique leur coûte chers en temps et en argent. Ils viennent de la Guinée Conakry, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Sénégal laissant derrière eux leur business pour venir chercher un visa autorisant seulement un mois de séjour en Chine. Et c’est la même procédure à suivre à chaque fois que le besoin de voyager en Chine se fait sentir chez eux.
Ils n’ont plus la possibilité d’envoyer leur passeport pour se doter le visa. Car, la prise de l’empreinte digitale est exigée à chaque demande de visa par les soins de l’Ambassade. « Une seule prise d’empreintes ne suffit pas. Tu es obligé de fermer ta boutique pour venir à l’Ambassade de la Chine à Bamako autant de fois que tu auras besoin de visa. Et cela, pour seulement un mois de séjour en Chine. En cas de besoin, il te faudra revenir encore à l’Ambassade. C’est insupportable», regrette Ladji Seck, un commerçant malien basé en Guinée. Conséquence, explique-t-il, beaucoup de commerçants maliens vivant à l’extérieur du pays commencent à bouder le passeport malien au profit de celui de leur pays d’accueil.

Youssouf Z Kéïta

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