Quatre personnes, qui coordonnaient des traversées entre le Maroc et l’Andalousie, arrêtées par la police espagnole

La police espagnole a procédé à l'arrestation de quatre personnes, soupçonnées d'organiser des traversées clandestines de la Méditerranée, dans le sud du pays. Crédit : FlickrCC

Un réseau de passeurs composé de quatre personnes a été démantelé par les autorités espagnoles, dans le sud du pays. Elles sont accusées d’avoir fait passer via la Méditerranée près de 800 candidats à l’exil, depuis les côtes marocaines jusqu’à la péninsule. Bénéfice total engendré par les trafiquants : 1,2 millions d’euros.

Alors que les traversées de la Méditerranée depuis le nord de l’Afrique se multiplient ces derniers mois, la police espagnole a procédé à l’arrestation d’un réseau de passeurs qui opérait en Andalousie. Quatre personnes, soupçonnées d’organiser des traversées depuis le Maroc, ont été arrêtées dans le cadre de l’opération “Bruma”, a indiqué le quotidien espagnol El Pais, le 9 juin. Le réseau opérait depuis les villes d’Almeria, Cadix et Murcie.

Il facturait 1 500 euros à chaque candidat à l’exil pour traverser la mer. D’après le journal, 800 migrants ont bénéficié de ce “service” via 15 bateaux, pour un bénéfice total de 1,2 millions d’euros.

“Chaque embarcation était dirigée par un skipper qui revenait plus tard clandestinement au Maroc pour continuer son activité criminelle et faire de nouveaux voyages”, précise El Pais. Ils faisaient le chemin retour “cachés dans la cabine d’un camion ou parmi les valises de certains véhicules qui ont embarqué sur les ferries qui relient Algésiras à Tanger”.

Une vidéo, diffusée sur Twitter par la police espagnole, montre justement l’arrestation d’un des trafiquants, caché dans un véhicule au milieu des bagages et des cabas. Les quatre personnes à la tête de l’organisation sont accusées de “violation du droit des étrangers”, et “d’appartenance à une organisation criminelle”.

Près de 6 000 pour un passage en jet-ski
Au mois de mai, la police espagnole avait déjà démantelé un réseau similaire. Onze personnes avaient été arrêtées par les autorités dont le chef du groupe, qui vivait dans une villa cossue de Ceuta. Elles faisaient passer des ressortissants marocains de l’enclave espagnole, située dans le nord du Maroc, à Cadix, en Andalousie, via la mer Méditerranée. Et ce, en jet-skis. D’après la police, le trafic a permis de récolter 500 000 euros en un an. Il en coûtait 6 000 euros à chaque migrant pour un passage en jet-ski, et 3 000 en bateau.

Dans cette partie de la Méditerranée, même si les distances sont courtes entre l’Espagne et le nord de l’Afrique, la zone reste très dangereuse. De nombreuses personnes se retrouvent en détresse au beau milieu de la mer, à cause des courants et des vents très forts à cet endroit. Les petites embarcations empruntées par les passagers et fournies par les passeurs ne sont pas, par ailleurs, adaptées à ce type de traversées.

Le 6 juin, les sauveteurs en mer espagnols ont porté secours à un bateau dans lequel avait pris place 18 personnes, toutes marocaines. Elles ont été transférées, saines et sauves, au port d’Algesiras, affirme l’association Heroes del Mar sur sa page Facebook.Mais de nombreuses embarcations n’arrivent jamais à destination. Partis le 8 mai dernier depuis le nord du Maroc, Omar, 21 ans, et Yassine, 24 ans, sont toujours introuvables. “Le dernier signe de vie que l’on a, c’est une photo d’eux avec un jet-ski sur la plage de Saïdia [une ville marocaine à la frontière algérienne ndlr], prêts à partir, avait raconté Sarah, leur cousine, à InfoMigrants. Depuis, plus rien”.

Marlène Panara
Source:Infomigrants