Un cadre d’un ministère brutalisé et menotté par… un gendarme fâché Mahamadou Keita, ingénieur statistique

Le mercredi 16 décembre 2015, vers 8 h 20 du matin, un événement très surprenant s’est produit à la Cité Administrative près du Monument de la paix.

La rareté de la scène a attiré l’attention même des moins curieux. Un «Natrikamissa » entre un adjudant de la gendarmerie et un cadre employé du Ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille.

L’accrochage brutal entre eux a été tellement serré que le chef de poste a fait appel à son agent qui est venu à son secours muni d’une kalachnikov.

Après les tiraillements, les gendarmes ont fini par l’amener par la force au niveau du poste de contrôle dans l’enceinte de la Cité.

Quand nous avons approché l’employé en question, un certain M KEITA, il nous a livré sa version des faits que voici.

«Chaque matin, je m’embarque dans un des Bus Verts (SOTRAMA) qui quittent Kanadjiguila et Sébéninkoro en direction du centre-ville après 30 minutes de marche sur une distance de quatre (4) kilomètres et demi.

Comme d’habitude à l’entrée de la cour de mon service, j’ai présenté mon badge à deux gendarmes assis côte à côte.

L’agent portant des verres noirs m’a dit d’amener mon badge. Je me suis approché de lui pour le lui remettre poliment.

Après avoir examiné ma carte, il me l’a remis. Ayant mon badge en main, je lui ai demandé si cette nouvelle mesure concernait des employés qui ont une ancienneté au service comme moi.

Il a rétorqué qu’à distance il ne lui est pas possible d’identifier tout le personnel de la cité. Je lui ai dit que ce serait à cause des lunettes noires qu’il portait.

Après j’ai continué tout calmement mon chemin vers mon département. J’ai entendu un des gendarmes dire «hé» monsieur, « hé » monsieur. Quand je me suis tourner, le Chef de poste m’a saisi énergiquement par le bras et le col de mon boubou pour me contraindre à retourner sur mes pas.

Je lui ai dis de me relâcher, tout en ajoutant que s’il veut m’interpeler qu’il m’envoie une convocation par la voie administrative à laquelle je vais répondre.

Il n’a pas voulu me relâcher et pour libérer ma gorge j’ai réagis de façon énergique afin de reprendre mon souffle. Il m’a forcé, j’ai résisté. C’est ainsi qu’il appela son agent en lunettes de venir à son secours. Ce dernier s’est dirigé vers nous avec son fusil de guerre. Ils m’ont trainé comme un objet jusqu’au niveau du poste pour me faire assoir sur le banc métallique de leur bureau. De plusieurs côtés de la cité les gens nous observaient. Au niveau du poste, le Chef prit son calepin et ordonna à son agent d’amener une paire de menottes pour me menotter et m’envoyer au garde à vue du camp I de la Gendarmerie nationale.

Son agent amena l’outil de torture en question pour le poser sur son bureau à ciel ouvert. Chaque passant me regardait avec étonnement sans dire mot.

Entre temps, un agent du service de contrôle délégué est entré dans la cité, je lui ai chargé d’informer mon chef hiérarchique immédiat de ma position.

Quelques minutes plus tard, deux de mes proches collaborateurs sont venus de la part de la Directrice s’imprégner de la situation ? Ceux-ci ont été rejoint par un troisième.

Pour avoir un élément matériel pour le témoignage, j’ai dis au chef de poste de me menotter encore devant mes collègues afin qu’il me fasse une photo. Nous sommes resté auprès d’eux plus de Trente minutes chaque fois il disait à mes collègues que je suis en état d’arrestation et je finirais par la prison pour refus d’obtempérer.

Il disait aussi que si j’étais un jeune homme de 20 ans qu’il allait me violenter, me ligoter et m’envoyer au garde à vue.

N’eut été l’intervention de mes collègues de service, je serai aujourd’hui au Camp I dans une cellule insalubre, aux odeurs indescriptibles avec les autres prévenus de droit commun sans lumière dans une condition de détention dégradante et humiliante du seul fait d’être un employé dans la cité.

Ceux qui viennent en voiture ou à moto ne sont pas soumis à ces tracasseries quotidiennes.

Si la confusion dans l’exercice du pouvoir et l’impunité restent monnaie courante, la démocratie finira rapidement dans le ravin de l’anarchie et comme conséquence, l’épicentre de la violence du Nord se déplacera vers le Sud du Mali. Chose qui n’est pas souhaitable. Ce qui est arrivé à moi aujourd’hui, arrivera à d’autres collègues demain, si rien n’est fait. », a expliqué Mahamadou KEITA.

Quelques jours après, Option s’est rendue sur les lieux pour interroger des témoins : monsieur Berthé agent du département des finances et collègue de travail de Mahamadou KEITA nous a raconté : « J’ai vu mon ainé menotté par des gendarmes qui l’ont trainé par terre de la manière la plus inhumaine jusqu’au hangar qui est leur lieu de contrôle des cartes et des badges.

Encore une autre femme du nom de Dala et monsieur Maïga expliquent :

« Nous avons plusieurs fois été agressés verbalement par ce même gendarme qui ne fait que semer la terreur dans un lieu où il a été envoyé pour veuillez sur la sécurité des travailleurs. »

Nous avons aussi demandé au gendarme en question, quelques jours après les faits, de nous donner sa version. Il a refusé.

Et vous monsieur le ministre de la Sécurité, laisserez-vous

impuni une telle agression d’un gendarme armé envers un employé ?

C’est honteux, quand des porteurs d’uniformes déployées dans une cité administrative s’attaquent à des personnes ressources chargées de coordonner les actions gouvernementales des ministres pour des raisons encore obscures. Et il faut le dire haut et fort que ce sont des comportements qui méritent d’être punis selon les lois en vigueurs.

Aliou Doumbia, stagiaire.

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