Strauss-Kahn obtient la liberté sous caution

durcies, c’est une sacrée amélioration par rapport à sa détention à la prison de Rikers où il est depuis lundi soir. Le juge Michael Obus a autorisé jeudi la libération conditionnelle de l’ex-patron du FMI en échange d’une caution d’un million de dollars, d’un dépôt de garanti de 5 millions, qui va se traduire probablement par une hypothèque sur la maison de Washington du clan DSK.

Mais comme le fait remarquer l’accusation, les Strauss-Khan ont des ressources financières. Afin d’éliminer le risque de fuite, la principale crainte du juge, DSK va en plus être soumis à une surveillance 24 sur 24 par le biais de caméras dans l’appartement de Manhattan où il va vivre avec son épouse, d’un bracelet électronique et d’un garde en permanence qui le suivra dans tous ses déplacements. Cet énorme dispositif sera à ses frais. On l’autorise à recevoir des visites et même à sortir de l’appartement.

Le juge a rendu sa décision devant une salle pleine de journalistes. Au premier rang étaient assises la femme de l’accusé, Anne Sinclair, vêtue d’un tailleur sombre et la fille de DSK Camille qui étaient arrivées en se tenant par le bras. Lorsque DSK, en costume gris et chemise bleue, est entré dans la salle sans menottes, il leur a souri.

“DSK n’a qu’un but : laver son nom” (avocat)

L’avocat du Français William Taylor a réaffirmé jeudi que son client n’avait pas l’intention de s’enfuir samedi quand il a été arrêté dans l’avion d’Air France. La preuve, assure le conseil, c’est qu’il avait appelé deux fois l’hôtel pour qu’on lui envoie un coursier qui lui ramène son téléphone portable oublié au Sofitel. Ce sont d’ailleurs ces coups de fil qui ont mis la police sur sa piste. L’avocat qu’on entendait à peine parce qu’il s’exprimait très bas et que les incessantes sirènes de voiture de police dans la rue couvraient sa voix a aussi présenté l’itinéraire de voyage. DSK devait se rendre à Paris puis en Allemagne ; d’après un document présenté le billet d’avion avait été acheté le 11 mai, preuve supplémentaire selon l’avocat qu’il ne fuyait pas les États-Unis. Me Taylor a aussi expliqué que DSK avait bien déjeuné dans un restaurant et avait pris un taxi pour l’aéroport vers 14h15. “C’est un homme “respectable” qui “n’a qu’un but laver son nom”, a-t-il dit.

Ce qu’a évidemment contesté le procureur. ‘Il n’a aucun droit d’être relâché”. La victime a une “histoire convaincante qu’elle maintient”. DSK a de “substantielles motivations” à quitter le pays. C’est une figure internationale, qui a accès à d’énormes ressources financières -2 millions de dollars de revenus dit son avocat-. Quant à ses liens aux États-Unis, la maison de Washington est au nom de sa femme et sa fille, étudiante à Columbia, est installée temporairement. Surtout la France n’extrade pas ses ressortissants.

Paparazzi

Le juge après avoir posé beaucoup de questions a suspendu la séance pour aller étudier le dispositif de surveillance proposé par la défense. A l’extérieur, pendant ce temps, des dizaines de caméras attendaient la décision sous l’oeil des touristes agglutinés. Il est revenu vingt minutes plus tard avec d’autres questions. “Le problème essentiel : ‘que peut-on faire pour assurer que le détenu reste ici’?” a t-il déclaré avant d’accorder la libération provisoire. L’ensemble des conditions imposées doit “assurer que vous serez là quand on aura besoin que vous soyez là”, a-t-il dit en s’adressant à DSK.

L’ex-patron du FMI devrait donc être libéré très vite dès que toutes les conditions auront été remplies. En attendant, il a été formellement inculpé par la chambre d’accusation réunie à huis clos de tous les chefs d’accusation retenus contre lui. A moins que DSK décide de plaider coupable, un procès devrait être organisé dans les six mois. Le Français devra dévoiler son choix au juge le 6 juin prochain. Après la décision de jeudi, Anne Sinclair et Camille ont quitté le Palais de justice par une porte latérale et sont montées dans une voiture prise en chasse aussitôt par deux motos de paparazzi. DSK leur avait soufflé un baiser à leur sortie de la salle d’audience.

Le Point.fr – Publié le 20/05/2011