Rencontre des forces vives à Ouagadougou:Les protagonistes dos à dos

A l’ouverture de la rencontre samedi, le médiateur a rappelé qu’il “ne s’agit pas de faire le bilan du régime passé, mais plutôt d’aller de l’avant pour sortir vite de la crise, car ce qui se passe au Mali peut arriver dans tous les autres pays de la Cédéao surtout avec la présence de groupes armés dans le Nord qui mettent en péril la sous-région”.

Pour le président Compaoré, il s’agissait avant tout d’obtenir très rapidement “une feuille de route pour la transition et l’intervention militaire de la Cédéao pour rétablir l’intégrité du  territoire du Mali”. Il a alors proposé aux différentes délégations ; à savoir : le CNRDRE, les regroupements politiques pro et anti-putschs (MP-22, Copam, FDR, APDS, Groupe IBK-2012, Association des cadres de soutien à Modibo Sidibé, le Collectif des ressortissants du Nord), les organisations de la société civile comme les représentants des confessions religieuses, les associations féminines pour la paix et la presse à travers la Maison de la presse et l’Assep, un plan de travail. La délégation de l’ancienne junte était conduite par Moussa Sinko Coulibaly, directeur de cabinet du chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo.

Pendant plus de 12 h, le médiateur a écouté les propositions de sortie de crise des regroupements. La divergence a vu le jour autour de la continuation ou non de l’intérim du président Dioncounda Traoré et la durée de la transition. Les discussions et les conciliabules ont continué durant toute la nuit du samedi à dimanche pour permettre aux collaborateurs du président Compaoré avec en tête le ministre des Affaires étrangères du Faso, Yipéné Djibrill Bassolé de cerner les appréhensions des uns et les propositions des autres.

Leur synthèse a été alors soumise à la plénière qui a commencé en fin de matinée de dimanche pour se terminer en soirée après plusieurs heures parfois de houleuses disputes qui auraient voulu l’intervention éclairée des leaders des ordres religieux qui ont facilité la tâche de la médiation en mettant à sa disposition une synthèse des propositions de sortie des différents regroupements politiques et de la société civile.

Sous l’égide du président Blaise Compaoré qui a tenu à plusieurs reprises à rappeler que la communauté internationale et les partenaires techniques et financiers qui n’accepteront pas un “Etat d’exception” au Mali. Ce qui semble être encore le cas, car, aux dernières nouvelles les protagonistes n’étaient pas parvenus à un consensus pouvant accélérer le processus de sortie de crise. Il semblerait que le choix du Premier ministre appartient toujours aux signataires de l’accord-cadre (NDLR : CNRDRE et Cédéao). La validation de ce choix, qui doit se reposer sur des critères de compétence et d’unanimité de l’opinion nationale, appartient au président de la République par intérim, le Pr. Dioncounda Traoré.  D’autres décisions importantes ont été prises pour déterminer la composition des organes de transition qui sont les suivants :

Georges Diallo

(Correspondance de Ouaga)

L’Indicateur du Renouveau 16/04/2012