Qatar 2022 : la rebellion de Samuel Eto’o vis-à-vis de la FIFA

Samuel Eto'o avec la délégation de la FIFA

Alors que le trophée de la Coupe du monde est en tournée, au Cameroun cet événement a récemment été boudé.

Ni Samuel Eto’o ni aucun responsable sportif national ne sont allés accueillir la coupe. Le motif ? Samuel Eto’o et la fédération voulaient être rémunérés par la FIFA pour participer à cette campagne de promotion :

“La Fécafoot a posé des conditions pour pouvoir y assister, notamment que pour être là, ils doivent payer des droits d’image de la Fécafoot, et du président Samuel Eto’o qui est sous contrat avec d’autres marques, il ne faut pas l’oublier. Ils n’ont pas rempli ces conditions et naturellement la Fécafoot n’y est pas allée”, explique le spécialiste du marketing du sport, Mathieu Youbi.Un affront de la Fécafoot envers la FIFA
Sam Sévérin Ango, journaliste et homme politique ne comprend pas cette attitude de la Fédération camerounaise de football. Il n y a aucune raison qui justifierait ce refus de collabroation, fait-il savoir. “La Fécaffot refuserait par-là de s’arrimer aux règles de gestion du football international”, a-t-il dit.

Mais Sam Sévérin Ango nuance ses propos : “Il faut bien établir la différence aujourd’hui entre la star planétaire Samuel Eto’o qui peut jouir d’une image commerciale qui est à défendre, et le président en tant que responsable d’une institution qui exerce une mission de service public. C’est une confusion qui est savamment entretenue par ceux qui sont autour de Samuel Eto’o aujourd’hui et qui ne veulent pas lui faire entendre raison.” Les intérêts d’Eto’o en cause
L’expert de football camerounais Fernant Nenkam, quant à lui, rappelle que Samuel Eto’o connait bien le Qatar puisqu’il y a terminé sa carrière de footballeur. Or, son image dans ce pays est associée à d’autres marques que celles qui sponsorisent la tournée mondiale de la coupe :

“L’avion qui avait à son bord le trophée était aux couleurs exclusives d’une marque de boisson gazeuse. On a beau dire qu’Eto’o aurait réclamé 50 millions, nous sommes là à la croisée des enjeux économiques. Sincèrement, cette histoire se résume en une image d’une marque à vendre, contre une image d’une star à exploiter aux frais de la princesse.”

Quoiqu’il en soit, la tournée du trophée de la Coupe du Monde traversera 32 pays qualifiés pour le Mondial 2022 au Qatar. Ce qui constituera un pas de plus pour la FIFA qui souhaite rendre visite à chacune de ses 211 associations membres, d’ici à 2030.

Henri Fotso
Source: dw.com