Moscou livre au Mali quatre hélicoptères de combat en plus d’armes et de munitions

Alors que ses relations avec la France traversent une période difficile, le Mali semble être au mieux avec la Russie. Celle-ci, qualifiée de “pays ami” par le ministre malien de la Défense, vient de lui fournir quatre hélicoptères de combat et de lui offrir des armes et munitions.
Dans le cadre d’un contrat, la Russie a envoyé au Mali quatre hélicoptères de combat: deux Mi-171Sh et deux Mi-17V5, a fait savoir à Sputnik le 1er octobre une source au sein du complexe militaro-industriel, commentant une déclaration du ministre de la Défense de ce pays, Sadio Camara. Des armes et des munitions ont également été fournies, selon la source.
“C’est la concrétisation d’un contrat signé en décembre 2020, entré en vigueur en juin 2021. L’extrême rapidité de son exécution montre la fiabilité et le sérieux de ce partenaire qui nous a toujours donné satisfaction dans le cadre d’échanges gagnant-gagnant”, a déclaré le ministre dans une vidéo authentifiée par l’AFP. Il a en outre précisé que ces armes et des munitions avaient été “offertes par la Fédération de Russie […], pays ami avec lequel le Mali a toujours entretenu un partenariat très fructueux”.

Des tensions

Ceci intervient au moment où les dirigeants français et maliens entretiennent des relations plutôt tendues. Paris a notamment exprimé à plusieurs reprises son mécontentement suite aux intentions manifestées par les autorités maliennes de conclure un partenariat avec la société paramilitaire privée russe Wagner.
Jean-Yves Le Drian a averti que l’Hexagone pourrait retirer ses troupes si la junte au pouvoir s’alliait avec le groupe Wagner.
Une photo représentant des soldats russes a même circulé sur les réseaux sociaux. La légende indiquait qu’il s’agissait de militaires au Mali. Le service de l’AFP Factuel a plus tard confirmé qu’elle avait en réalité été prise en Russie en 2015, lors de la répétition d’une parade militaire.
Le Kremlin a pour sa part déclaré, le 15 septembre, que Moscou ne négociait aucune présence militaire au Mali.

Un soutien varié

Le Mi-171Sh est une version exportation de l’hélicoptère de transport et de combat Mi-8AMTSh Terminator. Il est doté d’une panoplie d’armes équivalente à celle d’un hélicoptère de soutien au combat Mi-24 et s’adapte à l’utilisation d’appareils de vision nocturne.
L’hélicoptère de transport militaire Mi-17V-5 assure le déploiement et la récupération de commandos et de blessés, ainsi que le transport de fret et de matériel. Il est doté de missiles non guidés et d’artillerie de bord.
Parallèlement à l’intensification des contacts avec la Russie, le Mali a repris, début septembre, sa coopération avec le Groupe de la Banque mondiale, suspendue suite aux événements du 24 mai dernier marquant la destitution du Président de transition Bah N’Daw et de son Premier ministre Moctar Ouane. Bamako vient ainsi de signer avec la BM quatre accords de financement d’un montant total de 237,5 millions de dollars couvrant les secteurs de l’énergie, des transports, de la santé et du développement.

La France quitte-t-elle le Mali?

Emmanuel Macron a de son côté qualifié de “honte”, jeudi, les accusations d’”abandon” du Mali portées samedi dernier par le Premier ministre de transition Choguel Kokalla Maïga à la tribune de l’Onu. D’après ce dernier, la réorganisation de la présence militaire française au Sahel, annoncée en juin et actant la fin programmée de Barkhane, représentait “une espèce d’abandon en plein vol”.
Paris a en effet déclaré envisager de quitter les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit) pour recentrer son dispositif autour de Gao et Ménaka, près de la “zone des trois frontières”, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Une réduction des effectifs est prévue, de plus de 5.000 personnes actuellement à 2.500-3.000 d’ici à 2023.
“Non la France ne se désengage pas au Mali. Il est scandaleux de faire croire que la France s’en va; elle reste pleinement mobilisée”, a martelé la ministre française des Armées, qualifiant, elle aussi, d’”inacceptables” les propos de Choguel Kokalla Maïga.

Un gouvernement de transition

En moins d’un an, le Mali a vécu deux coups d’État: le 24 mai, puis le 18 août 2020, effectués par un groupe de colonels commandé par Assimi Goïta. Le pays est aujourd’hui dirigé par un gouvernement de transition où les postes clés sont revenus aux militaires après que Goïta a prêté serment en tant que Président. Des élections sont prévues pour le mois de février 2022.
Après le renversement des autorités du 24 mai, la France a dit avoir “décidé de suspendre les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes” et rester “dans l’attente de garanties” sur un retour des civils au pouvoir à l’issue des élections.
Anastassia Verbitskaia
Sputnik