Interpellation de Soumaila Cissé par le RPM à propos des allégations du journal « l’observateur », Le secrétaire général du RPM, Dr Bocari Tréta, étale ses insuffisances

Dr. BOKARY TRETA

Signé par le Secrétaire Général du bureau politique du RPM, le Dr Bocary Tréta, un fameux communiqué du RPM a demandé au président de l’URD, l’honorable Soumaïla Cissé de s’expliquer par rapport à l’article : «Gestion opaque de 27 milliards de francs CFA à l’UEMOA» du journal Sénégalais « l’observateur ».

La réponse de la bergère au berger ne s’est pas fait attendre. En effet, l’URD a vite fait de remettre Bocary Tréta dans ses petits souliers dans un communiqué, en indiquant : « …avant d’interpeller le Chef de file de l’opposition, il aurait été judicieux pour M. TRETA et le RPM de balayer devant leur porte en commençant par rendre des comptes aux Maliens en donnant des explications aux partenaires techniques et financiers du Mali et à la communauté internationale sur les sombres affaires dans lesquelles leur régime est plongé depuis leur arrivée au pouvoir et sur lesquelles le RPM est resté muet comme une carpe. »

Un pamphlet du RPM ? Au delà du jeu politique, ce communiqué à fait découvrir le visage, le vrai visage du Dr Bocary Treta et la vraie dimension du parti qui gouverne le Mali aujourd’hui. Ayant longtemps entretenu le peuple dans les rumeurs, jusqu’à faire du Mali, un pays qui ne vit que de rumeurs, le RPM change de fusil d’épaule. Sur des accusations sans preuves tangibles et difficiles à prouver, des cadres du RPM se sont fixés comme stratégie et mode de gouvernance : le déni de la réalité et l’accusation gratuite.

Si au début du coup d’Etat, la stratégie a porté fruit dans un pays qui allait à vau-l’eau, elle a fini par montrer ses limites, une fois que le peuple a observé le RPM dans l’exercice du pouvoir. Et si le peuple a cru les reproches faites au pouvoir dans la gestion de certaines affaires à savoir l’avion présidentiel, l’équipement militaire, l’engrais frelaté, l’affaire des 1000 tracteurs, c’est parce que les faits ont fini par lui donner raison. La suspension du Mali par le FMI, les interpellations de Tomi en France ont été les résultantes de ces allégations de l’opposition qui sont devenues des réalités et qui ont fini par convaincre le Malien lambda qui a compris qu’il ne s’agissait pas de fausses accusations.

La gestion calamiteuse du pouvoir par le RPM durant 2 ans et demi a fini par désenchanter les populations. L’insécurité ambiante, l’augmentation de la cherté de la vie ont montré que la gestion du pouvoir demande de véritables prédispositions chez celui qui veut gérer le pays.

Aujourd’hui, force est de constater que sans acte concret pour sortir le peuple de cette misère noire, il sera difficile pour les cadres du RPM de faire mordre encore à l’hameçon ces populations qui sont dans un désespoir, un dénuement total et dont la majorité visiblement a regretté son vote en faveur d’Ibrahim Boubacar Keita. C’est la triste réalité et Treta comme d’autres cadres du RPM le savent très bien. Alors, avec des accusations sans preuves tangibles, le RPM aura du mal à emballer encore l’opinion sur des allégations à l’encontre de l’opposition. Et, au delà, on peut affirmer sans se tromper que le Dr Tréta, n’a pas agit en grand intellectuel.

Dans son obsession pour la vengeance (affaire de l’engrais frelaté) et sa volonté de reconquérir l’électorat, le Dr Tréta, en pondant un tel communiqué, s’est encore plus discrédité et affaibli le parti au pouvoir. Et, tout cela au détriment du président Ibrahim Boubacar Keita qui doit revoir la gouvernance du pays et son choix des hommes qui doivent l’aider à gouverner un peuple qui attend encore. « Sachons raison garder » a toujours dit lui-même Ibrahim Boubacar Keita. C’est pour dire que le Dr Tréta, le géant aux pattes d’argile, doit éviter la rancune et l’obsession de la vengeance. Ceci évitera au RPM d’essuyer d’autres humiliations.

Fakara Faïnké

Source: Le Républicain-Mali 10/05/2016