HABALLA AG HAMZATTA, SGA DU GATIA : « Nous sécurisons les populations abandonnées par l’Etat »

Des responsables du Groupe armé d’autodéfense touaregs Imghads et alliés (Gatia) ont animé mercredi 28 septembre une conférence de presse pour protester contre les propos de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Mali exigeant au gouvernement de mettre fin à tous liens à la fois publics et privés avec leur mouvement. C’était à la Maison de la presse.

Les membres du Gatia protestent contre les propos tenus par l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Mali invitant le gouvernement à prendre ses distances avec les groupes dans le septentrion de notre pays.
Prétextant le cas de la Plateforme, le chef de la diplomatie américaine a indiqué qu’elle ne se bat pour la paix dans la région de Kidal, fief de tout ce que le Mali compte comme groupes armés. Selon les responsables du mouvement imghad, cette position est partisane au profit de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).
« Le Gatia n’a pas été créé par l’Etat du Mali pour suppléer l’armée nationale. Il a été créé plutôt pour protéger les populations qui aspirent l’unité et qui avaient été abandonnées par l’Etat sur un terrain où opèrent des groupes armés qui tuent et humilient au quotidien et en toute impunité. Nous sommes là pour sécuriser les populations abandonnées par l’Etat », a précisé le secrétaire général adjoint du Gatia, Haballa Ag Hamzatta.
Pour le secrétaire général adjoint du Gatia, la position américaine est surprenante. « Pourtant, ce sont les Américains qui se sont plus manifestés lors des discussions inter-maliennes pour le retour de la paix dans la partie septentrionale du pays, à Alger. Ils ont reconnu la volonté manifeste du Groupe armé d’autodéfense imghad et alliés », a-t-il ajouté.
Les responsables du Gatia ont rappelé que le mouvement armé n’est pas pro-Bamako ni du gouvernement. « Le Gatia a son directoire politique et sécuritaire. Nous agissons sur le terrain avec les moyens mobilisés auprès des communautés qui composent le groupe. Et la ville de Kidal ne saurait être la propriété d’un seul groupe armé qui chasse et humilie certains autochtones jusque dans leurs maisons… »
Réitérant leur engagement à respecter les clauses de l’accord pour la paix et la réconciliation, le Gatia exige légitime d’être présent à Kidal tout comme les autres mouvements de la Coordination des mouvements de l’Azawad pour protéger les populations.
« Le Gatia n’a jamais été un obstacle pour la paix. Bien au contraire, ses actions de tous les jours s’inscrivent dans le retour de la consolidation de la paix au Mali », a martelé Houday Ag Mohamed, un membre du Gatia.
Pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix, le Gatia invite les partenaires du Mali à œuvrer de manière constructive et impartiale.
Bréhima Sogoba