France: Affrontements en Guyane au premier jour de la visite du président Macron

Cayenne (France) – Plusieurs heures d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont éclaté en Guyane au premier jour de la visite du président Emmanuel Macron dans ce territoire français en Amérique du sud, secoué il y a six mois par un mouvement social de grande ampleur.
Le président français était arrivé jeudi dans un climat tendu, six mois après le mouvement social qui avait paralysé la Guyane pendant un mois pour dénoncer des années de sous-investissement de l’État dans ce vaste territoire à 7.000 kilomètres de Paris, en proie à un fort taux de chômage et une insécurité chronique.
Initialement réunis dans le calme, les manifestants demandaient le respect de l’accord signé avec l’ancien gouvernement qui avait mis un terme au conflit de mars-avril, et notamment d’un plan d’urgence de 1,1 milliard d’euros.
L’après-midi, une marche à l’appel du collectif Pou Lagwiyann Dékolé (Pour que la Guyane décolle) avait ainsi rassemblé sans incident plus d’un millier de personnes.
Les manifestants se sont ensuite rassemblés devant la préfecture à Cayenne pour réclamer un rendez-vous avec le chef de l’État, dans la soirée, et non vendredi matin comme il leur a été proposé. Les incidents ont éclaté par la suite.
Pendant plusieurs heures, les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes destinés au départ à disperser ce rassemblement.
En réponse, des jeunes souvent cagoulés ont lancé des cocktails Molotov et des projectiles, a constaté une journaliste de l’AFP.
Cinq personnes ont été interpellées, a indiqué dans la nuit le procureur Eric Vaillant à l’AFP. Un gendarme mobile et un policier ont été légèrement blessés, selon un premier bilan.
Il s’agit du premier voyage outre-mer du président Macron élu en mai dernier, hormis un déplacement en urgence aux Antilles à la mi-septembre après l’ouragan Irma.
Sur place, il a averti qu’il n’était pas venu en « Père Noël », ni pour « faire des promesses », mais a également affirmé dans des tweets que les engagements de l’État seraient « tenus ».
Dès son arrivée, il s’est rendu à Maripasoula (sud-ouest, à la frontière fluviale du Surinam), la plus vaste commune de France, soumise à une très forte pression migratoire.
Le territoire de 83.000 km2 pour environ 254.000 habitants cumule difficultés et retards: immigration clandestine massive, insécurité croissante, communes enclavées, services de santé défaillants, système scolaire inadapté, taux de chômage très élevé (23%).
Pour son déplacement, M. Macron est notamment accompagné du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et de plusieurs ministres.
Vendredi, il est attendu au centre spatial de Kourou, vitrine de l’économie guyanaise, symbole d’inégalités sociales alors que d’autres communes n’ont ni électricité ni eau courante.

(©AFP / 27 octobre 2017 10h05)