ESPACE SAHELO-SAHELIEN Un Programme d’investissements prioritaires en gestation en Mauritanie

Une conférence de coordination des bailleurs et partenaires du G5 Sahel pour le financement du programme d’investissements prioritaires  (PIP) du G5 Sahel, 2019-2021 se tiendra le 6 décembre prochain à Nouakchott, en République islamique de Mauritanie. Cette conférence qui verra la participation des cinq chefs d’Etats du G5 Sahel, concerne les secteurs de la défense et sécurité, gouvernance, infrastructures et développement humain et résilience.

 

Le G5 Sahel, outre sa mission principale de coordination et de suivi de la coopération entre les Etats membres en matière de sécurité et de développement, est également “un instrument de développement” dont “l’originalité réside dans le couplage entre la défense et la sécurité d’une part, et le développement d’autre part”.

La stratégie pour le développement et la sécurité (SDS), adoptée par les Chefs d’Etat, est déclinée en plans d’actions pluriannuels devant être opérationnalisés au travers du Programme d’investissements prioritaires (PIP). Il est composé de projets régionaux structurants et des projets concernant principalement les zones frontalières, articulés autour des quatre axes stratégiques, notamment la défense et sécurité, la gouvernance, les infrastructures et le développement humain et la résilience.

“Le PIP, adopté en juin 2014, a fait l’objet d’une actualisation lors de la session ordinaire du Conseil des ministres tenue le 6 juin 2017 à Bamako. Ledit  Conseil des ministres, en adoptant le PIP, a donné des orientations en vue de procéder à une hiérarchisation des projets en mettant un accent particulier sur ceux issus des décisions des Chefs d’Etat tout en actualisant les coûts. De façon spécifique, le PIP devrait être redimensionné en vue de présenter une première phase 2019-2021”, explique Chérif Hamidou Ba, le point focal du G 5 Sahel au Mali. M. Ba a rappelé que les pays du G5 Sahel sont confrontés à de multiples défis sécuritaires, de migrations, de changement climatique, de conflits intercommunautaires.

C’est pourquoi indique-t-il, les enjeux de développement doivent davantage être considérés à l’échelle régionale et que les projets régionaux intégrateurs entre les pays membres doivent être privilégiés au détriment de ceux s’inscrivant dans une dimension exclusivement nationale.

“Les enjeux de sécurité et de développement des zones transfrontalières commandent de mettre un accent particulier sur ces zones afin de permettre un redéploiement des structures étatiques. En ce sens, la priorité centrale doit être accordée à la dimension régionale tout en appliquant le principe de subsidiarité par rapport aux autres acteurs régionaux “, a plaidé M. Ba.

 

Le point focal retient que le principal risque est, bien entendu, la difficulté de mobilisation des financements au regard de la baisse tendancielle observée au niveau de l’aide publique au développement dans la région sahélienne. “Un accent particulier sera donc mis dans la préparation de la table ronde par une meilleure communication et sensibilisation de haut niveau et un ciblage de partenariats innovants. L’insécurité régnante dans les zones ciblées constitue également un risque majeur pour la mise en œuvre des projets du PIP au bénéfice des populations bénéficiaires. En outre, le choix des projets prioritaires a été fait suite à un exercice de hiérarchisation bâtie sur des critères objectifs préalablement établis et approuvés de concert avec les Etats, et conformes aux orientations des instances suprêmes du G5 Sahel. Les principaux critères retenus sont transfrontaliers des projets, l’impact des projets, la faisabilité des projets retenus sur la période 2019-2021, la subsidiarité, l’urgence d’intervention pour des raisons sécuritaire”, affirme-t-il.

Injecté plus d’un milliard d’euros dans le développement communautaire !

Sur cette base, un portefeuille de quarante projets a été retenu pour cette première phase du PIP/G5 Sahel d’un coût total d’un milliard neuf-cents quatre-vingt-seize millions d’euros, ajoute-t-il. “De ce montant, 240 millions d’euros sont considérés comme acquis. Le gap de financement s’élève à 1,728 milliard d’euros, soit 87 % du budget total. Les projets seront mis en œuvre par les Etats membres en coordination avec le Secrétariat Permanent. Les projets retenus pour la première Phase 2019-2021 du PIP sont la défense et Sécurité, la gouvernance, infrastructures, et les projets de télécommunications. Les cinq chefs d’Etats et des ministres de tutelle vont défendre ces dossiers pour financement”, a annoncé Chérif Hamidou Ba.

Au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, on estime que le programme vise à trouver des réponses à ces nombreux problèmes de développement et de sécurité auxquels leurs pays respectifs font face que les Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du  Niger et du Tchad ont signé le 19 décembre 2014 en République Islamique de Mauritanie, une Convention portant création d’un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité, dénommé  “G5 Sahel”.  Le G5 Sahel qui s’est doté d’une “Stratégie pour le Développement et la Sécurité (SDS)” est enfin en train de traduire en acte ses engagements.

Bréhima Sogoba