Communique de presse du Parena : « LE GOUVERNEMENT DOIT ÉDIFIER LA NATION SUR CE QUI SE PASSE À L’ON

Nous ajoutions que les  conventions d’établissement,  les lettres d’accord, les cahiers de charges et toutes leurs clauses dev-raient être rendus publics, l’opacité qui entoure les cessions de terres devant cesser (Paragraphe 19).

Le samedi 12 février 2011,  le Gouvernement a répondu au PARENA, à travers une conférence de presse  organisée par le PDG de l’Office du Niger et en distribuant aux journalistes invités un document intitulé « Eléments de réponse sur le Mémorandum du PARENA…. »

Nous saluons l’effort de transparence du Directeur de l’Office du Niger, mais nous pensons que c’était au gouvernement de réagir compte tenu de la gravité d’une question aussi importante que l’attribution ou la cession du patrimoine foncier national dans les proportions dénoncées. Il est par ailleurs regrettable que la mise au point de l’Office du Niger passe sous silence des cessions aussi importantes que celles faites à Malibya Agricole (100 000 ha), à Huicoma (100 000 ha), au GDCM (7400 ha). Le Directeur de l’Office du Niger peut-il nier ces attributions ? Quelle autorité a signé ces cessions? Ont-elles été faites légalement ? A quelles conditions ?

Qu’en est-il du projet de céder 100 000 hectares à la LONRHO ?

Comment, peut-on céder des superficies aussi importantes sans débat public, sans passer par le Conseil des Ministres, sans en informer le Parlement ?

Le peuple malien a droit à une information véritable et pas à un jeu de mots. Et c’est un jeu de mots que dire que les terres ne sont pas cédées mais attribuées.  D’ailleurs la « Convention d’investissement dans le domaine agricole » entre le Mali et la Libye dit clairement en son article 3 : « La République du Mali offre à la Société Malibya agricole une superficie de 100 000 hectares destinée à l’agriculture dans la région de Ségou, dans le delta du fleuve Niger, précisément à l’ouest de Macina. »   

Que dire ? Une cession ? Une attribution ? Une offre ?

Nous continuerons de demander que la nation soit édifiée totalement sur ce qui se passe à l’Office du Niger, loin des demi-vérités, des dénégations, des dissimulations,  et d’affirmations péremptoires qui confinent à un mépris s’adressant, au delà du PARENA, à la nation entière qui doit savoir la vérité dans la mesure où les décisions prises engagent l’avenir et ne doivent pas, par conséquent,  être prises à la sauvette

Si l’on en croit le document abondamment diffusé par le Gouvernement, les pouvoirs publics n’ont cédé à l’UEMOA que 11 288 ha au lieu de 100 000. Dont acte. Néanmoins, nous insistons : le Gouvernement doit aller plus loin en publiant la liste complète des bénéficiaires et les superficies attribuées ainsi que les contrats et conventions, comme nous l’avons demandé.

En restant sur les chiffres  que le Gouvernement maîtrise mieux, le total des superficies attribuées ou cédées, ne serait pas près de 800 000 ha comme le PARENA l’a écrit, mais 761 200 ha !  Cette mesquinerie qui semble faire fi de la gravité de la situation, confirme les informations que nous avons publiées.

Enfin, le Parena veut être très clair sur cette question du patrimoine foncier national à l’Office du Niger et ailleurs,  comme sur toutes les autres questions d’importance nationale : il ne se taira pas !

Bamako, 16 février 2011

Le Comité Directeur