COLLOQUE À LA PYRAMIDE DU SOUVENIR Comment restituer à la société ses valeurs cardinales afin d’éviter son effondrement total

Dans le cadre de la Journée des Martyrs, la Pyramide du Souvenir a abrité plusieurs activités commémoratives présidées par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo.

 

Le colloque sur la thématique, «les institutions face à l’effritement des normes d’éthique et des valeurs au Mali», a été l’activité phare de la commémoration à la Pyramide du 32e anniversaire de l’avènement de la démocratie dans notre pays. Un thème introduit par le Pr. Famagan O. Konaté. «La famille face à l’effritement des normes d’éthique et des valeurs», «l’école face à l’effritement des normes d’éthique et des valeurs», «l’Etat face à l’effritement des normes d’éthique et des valeurs», «les religions face à l’effritement des normes d’éthique et des valeurs»… ont été des sous-thèmes présentés par d’éminents panélistes comme Mme Ouattara Djénébou Koné, Dr Moriké Dembélé, Dr Ibrahima Dama, Pr. Adama Djokolo Coulibaly et Birama Diakon. La modération a été assurée par MM. Modibo Diallo et Klessigué Abdoulaye Sanogo.

Dans son discours d’ouverture, le ministre Andogoly Guindo n’a pas manqué d’avoir «une pensée pieuse pour tous ceux qui sont tombés pour l’avènement de la démocratie» et a souhaité que ces Martyrs ne soient «jamais oubliés». Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a ensuite rappelé que «le Mali est un pays de traditions, de culture millénaire et creuset de vertus et de valeurs supérieures comme la droiture, le respect de la parole donnée etc. Ces valeurs ont fait, jadis, la renommée de notre pays, exportateur de valeurs morales positives à travers le continent».

Ainsi, a poursuivi le ministre Guindo, «la nation malienne, multiséculaire ; a conçu des valeurs sociétales basées sur le fervent attachement de chaque individu à la patrie, mais aussi sur des normes éthiques élevées de probité, d’intégrité, d’équité et de justice. Dans la société traditionnelle, l’éducation était basée sur les vertus d’amour de la patrie, de courage, de dignité, du sens de l’honneur, de la parole donnée, le respect des aînés, le respect de la chose publique, l’amour du prochain, la solidarité…».

 

Constituer un socle de valeurs garantissant l’équilibre et la solidité de la société

Et les principes éducationnels traditionnels tendent vers un seul but : «fabriquer un homme accompli, pétri de l’éthique élaboré tout au long de l’histoire par la société pour satisfaire ses aspirations les plus profondes et les plus nobles. Cette éthique était considérée comme le socle qui garantit l’équilibre et la solidité du groupe», a précisé Andogoly Guindo.

Malheureusement, depuis plus d’une décennie, notre pays se voit imposer une crise multidimensionnelle dont l’une des dimensions n’est pas toujours la mieux appréhendée. Il s’agit​,​ selon le ministre de la Culture, de l’approche «humaine et sociale» vécue à travers «l’effritement, pour ne pas dire l’écroulement des normes et règles éthiques et morales caractérisant de façon plus qu’ostentatoire le comportement du citoyen». Une situation qui se manifeste au quotidien par l’incivisme qui le dispute à l’incivilité ; les manquements aussi flagrants que fréquents aux règles et normes élémentaires ; l’absence du respect de soi et de l’autre, de la chose et de l’ordre publics…

«Aujourd’hui, l’édifice national semble menacé par des vents nouveaux… Depuis des décennies, nous progressons vers un effondrement social et moral de la société, à la perte de nos valeurs séculaires considérées inaltérables», a diagnostiqué le ministre de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Face à cette crise identitaire et sociale, à la dégradation continuelle de nos valeurs culturelles ancestrales, «une réponse urgente et appropriée s’avère nécessaire pour juguler ces fléaux afin d’éviter un effondrement total de notre société», a reconnu le ministre Guindo.

C’est d’ailleurs dans cette perspective que le président Assimi Goïta a instruit à son département l’élaboration d’un document référentiel appelé «Charte d’éthique et des valeurs du Mali». Celui-ci a été conçu comme «un document référentiel inspiré des principes, des us et coutumes ancrés dans les valeurs ancestrales et dans la civilisation universelle». Une belle initiative en cette «période charnière de la vie de notre nation où prédomine une réelle volonté de réformer l’Etat à la faveur d’un retour aux mêmes valeurs comme socle de toute refondation» !

Dans l’éducation aux valeurs, a rappelé le ministre ainsi que des panélistes, «la primauté revient à la famille qui en est le berceau, à la société à travers ses diverses institutions et organisations communautaires et, enfin, à l’Etat par la force de la loi et l’autorité publique». En tout cas, le colloque organisé dimanche (26 mars 2023) participe de cette quête de parade pour restituer à notre société ses valeurs cardinales. Et cela d’autant plus qu’il participe du «débat national en cours sur le retour à nos valeurs comme fondement et socle de la refondation».

Gageons que les débats et les recommandations vont contribuer de «façon significative» à l’élaboration de la charte des valeurs tant entendue pour la réhabilitation du «Maliden», un vrai ​​citoyen authentiquement malien, «​​artisan et non fruit de la refondation». La Directrice de la Pyramide du souvenir, Mme Fadima Coulibaly, et son équipe ont gagné le pari de la bonne organisation !

Moussa Bolly