Sidiki Kaba : la CPI doit davantage « écouter les Africains »

Dans Jeune Afrique cette semaine, Sidiki Kaba appelle la Cour pénale internationale (CPI) à davantage « écouter les Africains » et expose ses ambitions pour une institution qu’il défend, malgré toutes les critiques… et en connaissance de cause. Le ministre sénégalais de la Justice n’est pas le moins qualifié pour appeler la CPI à se réformer.
Avocat de renom, infatigable défenseur des droits de l’Homme depuis plus de trente ans, partisan d’une justice internationale renforcée, Kaba est l’un des trois candidats à la succession de l’Estonienne Tiina Intelmann, qui préside l’assemblée des États parties à la Cour depuis 2012, et qui laissera sa place en 2015.
Reconnaissant que le « malaise » est réel entre le continent et la Cour, il place sa candidature sous le signe de la réconciliation. Mais pour cela, il est urgent que la CPI « réoriente » son action, explique-t-il. « Il ne faut pas que l’Afrique, qui est le continent le plus représenté à La Haye, quitte la Cour. Il faut que la CPI ouvre des enquêtes partout où il y a eu des crimes qui relèvent de ses compétences, et pas seulement en Afrique ». Il appelle aussi les 122 Etats parties à participer au financement de la Cour « afin d’assurer son indépendance d’action ».
Interrogé sur le cas Karim Wade au Sénégal, il confirme que le procès du fils de l’ancien président débutera bien le 31 juillet et répond aux critiques de ses avocats et de plusieurs ONG. « Nous aurons un procès équitable », assure-t-il.
Jeuneafrique 2014-06-21