REVISION CONSTITUTIONNELLE : La Cma rejette le contenu du projet

Après la plateforme An tè A Bana, c’est au tour de la Coordination des mouvements de l’Azawad de rejeter le projet de révision constitutionnelle initié par le Président de la République. Pour Bilal Ag Cherif et ses acolytes, ce projet de constitution du chef de l’Etat ne prend en compte aucun point de l’accord.

« Le projet de constitution tel qu’on nous a présenté ne prend pas en compte nos revendications exprimées dans l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger », c’est en ces termes que les responsables de la coordination des mouvements de l’Azawad se sont démarqués du contenu du projet de révision constitutionnelle initié par le Président de la République. C’était lors d’une conférence de presse qu’elle a animée le weekend dernier à l’hôtel Kimpeski.

Co-animée par Bilal Ag Cherif et Sidi Brahim Ould Sidati, cette conférence de presse a été une occasion pour la CMA de clarifier sa position par rapport au débat sur la révision constitutionnelle et les raisons du blocage du retour de l’Etat à Kidal.
S’agissant du premier, le ton est assez clair au niveau de la CMA. « Le projet qui est présenté, la CMA ne se voit pas dedans », a clarifié Bilal Ag Cherif, avant de relever qu’aucun point prévu par l’accord ne figure dans ce projet de révision. « Nous ne sommes pas d’accord que l’accord soit pris pour prétexte pour poursuivre cette révision constitutionnelle », a-t-t-il prévenu.
Pour la CMA, l’Etat devrait faire en sorte que le projet prenne en compte les aspirations de toutes les parties. « Le plus important n’est pas de fixer des dates pour la tenue du referendum, mais plutôt avoir un projet consensuel », a conseillé Bilal Ag Cherif.
Et le président de la CMA, Sidi Brahim Ould Sidati de préciser que la CMA n’est pas contre le principe de réviser la constitution. « Ce que nous mettons en cause, c’est la mouture présentée », a-t-il souligné.

Quant à l’épineuse question du retour de l’administration et les Famas à Kidal, la CMA affirme qu’il revient aux autorités du Mali de se décider. « La CMA a toujours dit qu’elle est prête à accepter le gouverneur et les Famas. Mais on ne sait pas pourquoi c’est bloqué. Qui les empêche aujourd’hui de venir. En tout cas ce n’est pas nous », déclare Bilal Ag Cherif. « Ce n’est pas à nous de forcer l’État à revenir », renchérira-t-il.

Cependant, les responsables de la Cma ont émis des réserves quant au retour du Gatia à Kidal. Elle en a profité pour inviter les autorités à se démarquer de cette milice.

Oumar B. Sidibé