Poutine reconnaît l’indépendance des séparatistes pro-russes en Ukraine

Les Occidentaux ont tenté en vain de dissuader Vladimir Poutine de reconnaître les séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine. Et maintenant?

La chaîne télévisée publique russe Rossiïa 24 faisait défiler ce soir un bandeau qui annonce une allocution de Vladimir Poutine pour « très bientôt ».
Des informations distillées par le Kremlin et citées par l’Agence France Presse font savoir que la décision du président russe est déjà prise: Vladimir Poutine va reconnaître l’indépendance des séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine. « Un décret sera signé en ce sens sous peu », affirme le Kremlin.
La décision ne surprend guère, mais elle provoque la déception de ceux qui, comme l’Allemagne, voulaient croire à un règlement négocié des tensions avec l’Ukraine.
Un peu plus tôt dans la journée [21.02.22], le président russe avait indiqué qu’il se prononcerait aujourd’hui sur la demande de reconnaissance, formulée par les séparatistes pro-russes de Donetsk et Lugansk. Ceux-ci voulaient que la Russie reconnaisse leur indépendance autoproclamée et scelle avec eux des accords de défense.
En réponse, le président ukrainien Zelenskya convoqué ce soir le Conseil de sécurité nationale. A Paris, Emmanuel Macron réunit son Conseil de défense.
Les avertissements internationaux n’y ont rien fait
Dans la journée de lundi, les mises en garde et les dernières tentatives diplomatiques d’éviter un conflit ouvert avec l’Ukraine s’étaient multipliées.
Un porte-parole des Nations unies avait pourtant appelé lundi soir « à s’abstenir » de « toute décision unilatérale » portant « atteinte à l’intégrité » de l’Ukraine. L’Onu envoyait un appel clair en direction de Vladimir Poutine.
Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a déclaré en fin d’après-midi que l’Union Européenne était « prête à réagir » en cas de reconnaissance de l’indépendance des régions séparatistes par Moscou, précisant que « les sanctions sont sur la table ». Il s’agira sans doute d’exclure le plus possible la Russie des marchés financiers. Ses propos rejoignaient les déclarations d’Olaf Scholz.
Après un entretien téléphonique avec le chef de l’Etat russe, le chancelier allemand avait estimé qu’une telle reconnaissance par Moscou serait une « rupture unilatérale » des accords de Minsk. Le texte de ces accords adoptés en 2015 sous médiation franco-allemande prévoyait en effet le retour des territoires de Donetsk et Lougansk sous le contrôle des autorités ukrainiennes, moyennant des élections et une autonomie.
Dimanche [20.02.22], la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen déclarait dans une entretien accordé à la chaine de télévision allemande ARD : « Si Vladimir Poutine déclenche une guerre, nous répondrons avec le levier le plus puissant dont nous disposons: des sanctions économiques et financières, car l’économie est le point faible de la Russie ».
Emmanuel Macron et Olaf Scholz auraient signifié à Vladimir Poutine qu’ils étaient prêts à maintenir le contact.
Avec agences, La rédaction francophone
Source: DW.com