Mali: Marchés publics : ce Léviathan

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Un opérateur économique abasourdi nous raconte son histoire. Cette histoire est aussi celle d’une nation malade. D’un pays sans repères où seule la fin compte. Bien qu’il se soit enrichi, en «bon musulman», il est peiné de rentrer dans une mafia pour pouvoir survivre. Après tout, il dit que sa famille à lui aussi doit vivre. À son niveau, il est trop petit pour combattre le système.

Il jure que s’il faisait confiance à la justice, il allait tout dénoncer. Comme il suit aussi la télé, pour sa bonne foi, il nous rapporte cette citation bien connue de maître Fanta Sylla, ex-Garde ses Sceaux, ministre de la Justice : «La justice malienne est indépendante de tout sauf de l’argent sale». Très honnêtement que peut faire un jeune opérateur dans un pays où le président lui-même est l’ami «du parrain des parrains», le président de la surfacturation.

Suivez son histoire

Notre camarade opérateur économique soumissionne pour un marché public de fournitures de bureau. Il remporte le marché à 13heures. À 18 heures, le même jour, son téléphone sonne. Il est rappelé dans les locaux du ministère. Un ministère très important, constitué d’arrivistes. Il dit qu’il est loin et qu’il ne sera disponible que dans 2 heures. Son interlocuteur lui dit très bien et qu’il l’attend. À 20 heures, il arrive et est accueilli par 4 personnes, l’ossature de ce ministère. On lui fait comprendre de renoncer à ce marché qu’il venait de remporter et qu’il aura une belle part dans un autre marché dans un délai maximum de deux mois.

On lui explique le processus de renoncement. En homme pragmatique, il accepte et renonce. Vingt-cinq jours plus tard, son téléphone sonne. Il est appelé. On lui dit de postuler pour un autre marché. Au fait, il doit juste apposer son cachet sur un document. Ledit marché est déjà ficelé. C’est juste une formalité. Il s’exécute 4 jours plus tard dans une cérémonie, disons une farce, l’on le désigne adjudicateur. Comme prévu, il gagne beaucoup presque 5 fois plus de marge que sur le marché précédent.

À dire vrai, il n’a rien eu à livrer. Le marché était fictif. Tout s’est fait dans les règles, administrativement. Le magasinier a signé les documents de réception. On lui avait dit d’apporter quelques millions qu’il a apportés. Somme que les 4 se sont partagés. Lui a obtenu tous ses documents anti datés et signés. Dans ce marché sans rien fournir, il a gagné 4 millions. Il est désormais dans le circuit. Il est rentré dans la mafia. Le Mali peut s’écrouler, il est convaincu que ses nouveaux amis s’en fichent éperdument.

Le vérificateur peut fournir tous les rapports qu’il veut. IBK et son clan considèrent les Maliens comme des ‘hassidis’, des aigris. IBK sème les germes de la dislocation de la nation malienne en favorisant le chacun pour soi. Quand un condamné à mort reste agent consulaire après information personnelle du président de la République, du ministre des Affaires étrangères, du ministre de la Justice, de l’ambassadeur, 77 piges, malade et finissant, Cheick Mouctary Diarra, du consul général, godillot, Mangal Traoré. Il ne faut pas s’étonner qu’un autre ministre régalien de la République dirige de réseaux mafieux.

Pauvre Mali. IBK mène à coup sûr notre pays à sa décadence et déchéance. Le laisser-faire est le pire des crimes à la nation.
Patriotes, réveillez-vous !

Boubacar SOW
boubacarsow@hotmail.fr

Source: Le Reporter 20/05/2015