Les brêves du Reporter

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mais malgré tout, ce document de voyage n’est pas facile à avoir. Tout le contraire des informations données dans le reportage de l’Ortm.  «Monsieur le ministre, cessez de vous moquer des Maliens ; cessez de faire des reportages commandités. Les Maliens connaissent la réalité», a lancé un député. En outre, les députés de la majorité ont dressé un tableau sombre de l’insécurité qui règne partout au Mali. Tout comme ceux de l’opposition dont un a fait allusion à l’émission «Débat politique de Radio Klédu» qui a évoqué la question du précieux sésame.

Le général «du bois» en chiffres

Sada Samaké, le général qui sort du bois, demande l’aide des députés pour la sensibilisation, un travail qui doit être mené ensemble. Il dit avoir pris des sanctions contre les agents véreux, contre des Commissaires de police. Le général dit aussi avoir sanctionné 250 agents de la police. Et que 50 000 cartes d’identité sont disponibles,  comme pour dire qu’il n’y a pas de pénurie. 17000 passeports sont stockés, donc pas de pénurie également.  Il demande l’assainissement du corps de la police. La carte d’identité coûte 1000 Fcfa, plus deux timbres à 700 Fcfa ; ce qui fait 1700 Fcfa et non 10.000 Fcfa. Le passeport est un document de voyage, mais aujourd’hui, il y a un assainissement dans ce domaine, pour la protection dudit document. D’après Sada Samaké, la fabrication sera confiée à une nouvelle structure, le marché étant lancé. Pour lui, en tant que ministre, il ne rentre pas dans les détails. Le passeport de 500.000 Fcfa est une autre fraude. Les gens étant pressés d’avoir leur passeport, la demande est forte. Pour le mois de mars dernier, 1.800 à 1.1300 passeports ont été délivrés. Pour lui, chaque samedi, 500 passeports sont délivrés aux Maliens de l’extérieur. Les policiers véreux ont été sanctionnés ; le secteur a, selon lui, besoin d’assainissement. Après cela, les députés pourront aller vérifier et l’interpeller, s’ils le veulent.

Le chef des non-inscrits

À l’Assemblée nationale, il y a des groupes parlementaires et chaque groupe a son président. Il y a le chef de file de l’opposition, mais personne ne connaît le chef des non-inscrits. Lors de la rentrée parlementaire, après la mise en place des groupes, le député élu à Douentza était le seul non-inscrit. Après, il a été rejoint par l’unique député des Fare, qui finira par rejoindre l’opposition dans le groupe Vrd. Entre-temps, le groupe parlementaire Sadi-Fare a explosé car les anciens députés Fare ont opté pour le Rpm. Du coup, les 5 députés Sadi deviennent des non-inscrits. Maintenant, une nouvelle bataille s’installe, car le temps de parole des non-inscrits était pour le député Ilias Goro qui, aujourd’hui, voit que son temps d’intervention a diminué parce que les députés Sadi sont devenus des non-inscrits. Lors de la question d’actualité, Ilias Goro n’a pas caché sa colère parce que pour lui, comme les députés Sadi sont de la majorité, ils doivent adopter un bon comportement au lieu de souffler toujours le chaud et le froid.

Carte de combattant

Dans l’accord d’Alger 2015, il est dit que deux mois après la signature dudit accord, il y aura le cantonnement des combattants. Aujourd’hui, chaque groupe d’auto-défense s’est fait des cartes pour ses combattants. Cette carte s’achète comme de petits pains dans les villes de Gao, Ansongo, Bourem, Tombouctou. Même des jeunes de Kidal vont dans ces localités pour se procurer de cette carte, car tous ses détenteurs seront cantonnés, c’est-à-dire recrutés par la suite dans l’armée malienne. Depuis le paraphe de l’accord, la carte de combattant est devenue une pièce rare. Tous les chefs des combattants, ayant compris cet état de fait, ont même cessé la délivrance de ladite carte. Mais au sein des jeunes des partis politiques, surtout de la majorité, il se murmure qu’ils vont la faire profiter à des jeunes dans le volet DDRI. Comme pour dire que les jeunes sont entrés dans l’application de l’accord. Bien avant sa signature.

Le président sortant

Lors de son intervention à la réunion du Cilss, tenue dans notre capitale, IBK a lâché un mot que le président Deby n’a pas aimé : «Vous êtes le président sortant». «Sortant», ce mot a fait mal au président tchadien, qui prépare l’élection présidentielle chez lui. S’il est déjà «sortant», c’est dire qu’il ne doit pas se présenter. Piqué dans son orgueil, Idriss Deby Itno a lancé cette phrase : «Ibrahim Boubacar Keïta est un bouillant chef, il va faire bouger les choses, mais dans deux ans, on fera le bilan pour voir». IBK, en homme malin, commença à parler de la carrière militaire de Deby : un soldat exemplaire, un bon pilote. Pour IBK, le président Deby est «président sortant de la conférence des chefs d’Etat du Cilss qui a réussi des exploits pendant les 4 ans à la tête de cette organisation. Ce qui doit être renforcé dans les années à venir». C’est pourquoi le président malien s’engage à construire le siège du Cilss au Mali pendant son mandat qui doit prendre fin en 2017, année à laquelle le Mali passera le témoin à la Mauritanie.

Deby et sa béquille  

Depuis un certain temps, le président tchadien, qui est grand de taille, montre des signes de fatigue. Il se faisait remarquer auparavant par une béquille qu’il tenait pour la forme. Actuellement, ce n’est plus un bâton de commandement, mais un véritable 3ème pied pour le président tchadien. Même s’il lui arrive de temps à autre de la soulever en parlant, comme lors de son arrivée à Bamako. Deby, à chaque visite au Mali, est très bien accueilli, comme c’était le cas du feu Guide de la révolution libyenne, Mohammar Kadhafi. L’homme à béquille est devenu le remplaçant de Kadhafi, toujours bien accueilli. À l’aéroport d’abord, il a reçu un bain de foule, avant de prendre les rues de Bamako. Pour le président malien, il a été efficace dans la gestion des risques sécuritaires transfrontaliers. «À ce titre, nous avons pu bénéficier au Mali de l’engagement personnel de notre président en exercice, mon frère et ami le président Idriss Deby Itno, au prix de sacrifices surhumains. Il a œuvré sans relâche, avec anticipation et efficacité, en faveur de l’intégrité territoriale du Mali, de la paix et de la sécurité au Mali et dans le reste de notre sous-région».

Un attentat s’invite au CILSS

Le président nigérien, qui était au 17ème sommet du Cilss, est parti plutôt que prévu. Dès son entrée dans la salle de la conférence, il était au téléphone et chaque fois, son garde du corps s’approchait de lui pour lui donner des informations. Le président nigérien n’a écouté que le discours d’IBK, avant de quitter la salle pour retourner à Niamey. La raison est simple : des soldats nigériens venaient d’être tués dans un attentat à Ansongo, avec des blessés. En effet, il y a eu l’explosion d’une voiture à l’entrée du camp de la Minusma à Ansongo. Le bilan est de 5 morts dont 2 adolescents, deux Casques bleus nigériens et le kamikaze lui-même. Plusieurs soldats nigériens ont été blessés dont certains ont été évacués à Gao. La voiture, qui a explosé, est venue de Gao. L’explosion a eu lieu à l’entrée du camp de la Minusma aux environs de 11 heures du matin, le mercredi 15 avril 2015. Pis, des soldats nigériens étaient aussi dans une course-poursuite contre des soldats de Boko Haram. Là aussi, les Nigériens ont perdu des militaires, mais ils ont fini par neutraliser les éléments de Boko Haram.

Les applaudimètres

Les chefs des institutions de la République du Mali et les ministres du gouvernement Modibo Keïta ont passé toute la cérémonie d’ouverture et de clôture du 17ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Cilss à applaudir. Quand on prononçait le nom du président Deby, ils applaudissaient à tout rompre comme dans une garderie d’enfants. Hé oui, pendant toute une journée, des ministres et présidents d’institutions ont servi de décor à cette réunion. Mieux, ils n’ont fait qu’applaudir. Même quand l’un des intervenants, lors de la cérémonie de clôture, a dit que le Cilss est vieux de 42 ans, ils ont applaudi. Malheureusement, ils n’étaient plus lucides lors du discours de clôture du président IBK, qui a dit que les défis à relever par le Cilss sont, entre autres, l’amélioration de la sécurité alimentaire qui, dans le Sahel, reste une préoccupation quotidienne pour environ 40% de nos populations ainsi que la malnutrition chronique globale dont la prévalence est de 30%; la mise en œuvre de plans efficaces d’atténuation des effets des changements climatiques ; la poursuite diligente des programmes de maîtrise de l’eau ; l’augmentation en valeur et en volume des échanges commerciaux des produits agricoles, des produits agro-alimentaires et de bétail au niveau régional, pour faciliter l’accessibilité alimentaire aux populations les plus vulnérables ; et la poursuite des efforts de soutien à la bonne gestion des ressources humaines au sein de l’institution. Là, personne n’a applaudi. Peut-être qu’ils étaient fatigués à force de taper des mains !

Fabius ne parle plus !

Pendant la période des négociations d’Alger, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international de la France, Laurent Fabius, ne cessait de dire qu’il faut faire vite pour aller vers un accord. À chaque sortie, Fabius demandait aux différentes parties d’aller vite, mais depuis le paraphe par le Mali et d’autres partenaires, on ne l’entend plus parler. Peut-être que c’était une manière pour le ministre français de mettre la pression sur le Mali et non le Mnla. Parce qu’actuellement, le Mnla et alliés ont refusé de parapher le document, mais la France ne dit rien. Les Maliens, dans leur grande majorité, ont compris le jeu de la France dans cette affaire, mais personne ne savait auparavant que la France ne pouvait pas parler au Mnla. Le blocage actuel dans le paraphe du document n’est point une surprise, dans la mesure où les médias français qualifient l’accord de «document boiteux». Fabius doit parler s’il est neutre. Sinon le monde a compris les multiples jeux de la France dans cette affaire.

Source: Le Reporter