Le chef de village de Kenieba à IBK « Nous demandons à nos populations, aux animaux et mêmes aux mou

Première étape, Kenieba, ville minière qui manque de tout. Il était 9H30 lorsque l’avion d’IBK atterrit sur l’aérodrome poussiéreux de la ville, sous une température clémente. Accueil chaleureux par des centaines de jeunes (filles et garçons) et des dizaines de femmes. Habillés en tee-shirts frappés de l’effigie d’IBK, ils criaient de toutes leurs forces : «IBK, Président ! IBK, Président». Certains brandissaient  des affiches sur lesquels, on pouvait lire : «IBK, le Mali d’abord, Pour l’honneur du Mali, pour le bonheur du Mali, IBK Président».

Les femmes applaudissaient et chantaient en chœur : IBK, nous sommes avec vous, IBK, nous mourrons derrière vous. Au même moment, des griots chantaient les louanges de « l’homme de parole, de celui qui fait ce qu’il a dit ». C’est dans cette atmosphère carnavalesque que le cortège s’est dirigé dans la ville de Kenieba . Là, attendaient un grand monde. Après un bain de foules, les choses sérieuses commencent avec le discours du secrétaire administratif de la section RPM, Mohamed Keïta, professeur de philosophie de son état. Après un rappel de la grave crise politico sécuritaire que le Mali connaît, il a laissé entendre qu’IBK incarne l’espoir et que le phénomène IBK s’est emparé de Kenieba où toutes les populations, de tous bords politiques confondus, sont d’accord pour soutenir le « Kankalentigui », l’homme de parole. Parmi les nombreux soutiens à la candidature d’IBK, on dénombre au moins 60 conseillers et 6 maires : Kassama, Kourokoto, Dombia, Sitakily, Faraba et le 1ER adjoint de Bayé.

« M. le Président, n’entendez-vous pas le peuple perdu et déshonoré qui vous réclame et qui chante partout votre droiture, votre honnêteté et votre sens élevé de l’Etat… N’entendez-vous pas le paysan, le commerçant ambulant, la vendeuse de sandwiches, le fonctionnaire, les hauts cadres de l’Etat, le petit cireur de chaussure, ne les entendez-vous pas qui disent :  IBK drôn de besse ka’awn bô ni dinguè kônô (seul IBK peut nous faire sortir de ce trou) ».

En outre, l’orateur, très applaudi par l’assistance, a rappelé la situation paradoxale de Kenieba, territoire sur lequel opèrent cinq sociétés d’exploitation minières mais manque de tout : eau potable, électricité, insuffisances d’écoles et de centres de santé, absence de routes bitumées liant les différentes communes entres elles et la ville de Kenieba à la capitale régionale, Kayes.

« Nous estimons que nous méritons ces infrastructures, car c’est ici, sous cette terre, que proviennent les richesses qui renflouent les caisses de l’Etat » a déclaré Mohamed Kéïta, sous une clameur d’applaudissements.  Peu prolixe, IBK s’est dit honoré par cette grande mobilisation, avant de préciser que dans la répartition de l’or, les sociétés minières auront leur part, l’Etat la sienne,  les populations concernées la leur.

« Je veux encourager le développement d’une classe d’entrepreneurs miniers maliens. Il est temps que les Maliens bénéficient de l’or du pays » a-t-il déclaré.

Auparavant, il avait évoqué la situation sécuritaire du pays. Avant de rendre un hommage vibrant à la France de François Hollande, au Tchad d’Idriss Deby et aux troupes de la CEDEAO, devenues il y a peu la MONUSMA. Il a juré la main sur le cœur, que s’il est élu Président, il donnera aux services de sécurité les moyens de leurs missions pour que plus jamais un ennemi ne s’aventure vers les frontières du Mali, sans une riposte cinglante et sévère.

C’est sur ces mots rassurants que le meeting a pris fin.  Le cortège s’ébranle vers le domicile du chef de village, Dembambo Sissoko. Ce vieux malinké a dit à IBK : « Nous sommes des hommes d’honneur, nous ne parlons qu’une seule fois et d’une seule voix. Vous incarner l’honneur et la dignité dont on a besoin aujourd’hui pour laver l’affront. Nous vous soutenons parce que vous êtes un homme de droiture, un homme qui respecte ses engagements. S’il est vrai que ce territoire est pour nos aïeux, nous allons demander à nos habitants, à nos animaux et même aux mouches de notre ville de voter IBK, pour l’honneur du Mali, pour la dignité du Mali et pour le bonheur des maliens ».

L’étape suivante a été la visite chez  l’imam de la ville, Bocar Baldé, lequel avait à ses côtés le représentant de la communauté chrétienne, Elhadj, Damsogo.  Tous deux ont fait des bénédictions pour le Mali et pour IBK. A son départ, l’imam a pris IBK dans ses bras et  lui  a chuchoté quelque chose à l’oreille. Pour sa part, IBK leur a demandé  de  multiplier les bénédictions pour le pays afin qu’il soit élu un homme à la tête du pays, capable de relever les immenses défis qui attendent notre peuple. L’étape de Kenieba est ainsi terminée

Chahana Takiou, envoyé spécial à Kenieba.

L’indicateur Renouveau 2013-07-15 07:36:41