Le cap des « 24 mois » fixé pour la Transition: Assimi s’assume, malgré les pressions   

Contre vents et marées et malgré les pressions et tergiversations des dirigeants de la CEDEAO, le chef de l’Etat, le Colonel Assimi Goïta s’assume en décrétant une rallonge de 24 mois à la Transition malienne, prévoyant la passation du pouvoir en mars 2024.

C’est par un décret N. 2022-0335/PT-RM du lundi 6 juin 2022, signé par le président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta que la Transition malienne est finalement prorogée de 24 mois, et ce nouveau délai court à compter du 26 mars 2022.

Ce décret intervient dans le sillage du sommet extraordinaire de la CEDEAI tenu à Accra le 4 juin et qui a décidé du maintien des sanctions contre le Mali, malgré les efforts consentis par les autorités maliennes, dissipés dans les divergences des dirigeants ouest-africains.

Intervenant à la télévision, non plus en tréillis militaire, mais en boubou blanc (signe d’une décrispation et de paix), le porte-parole du Gouvernement, le ministre Colonel Abdoulaye Maïga s’est montré rassurant, à l’image du chef de l’Etat. « Ce décret n’ouvre pas une nouvelle transition. Il s’agit d’une prorogation », a-t-il commenté. Pour le ministre Maïga, ce décret démontre la volonté des autorités de la transition de ne pas « s’éterniser au pouvoir ».

En effet, le chef de la Transition n’a de cesse de rassurer son sa volonté du retour à un ordre constitutionnel normal. Cela sera probablement fait à travers des élections générales courant février-mars 2024. Sauf que cette décision intervient au moment où les dirigeants de la CEDEAO semblent décidés à dicter certaines contraintes de temps et modelage gouvernemental aux autorités maliennes. Ce qui constitue des « détails » qui ont peut-être motivé le maintien des sanctions injustes contre notre pays.

A travers cette prise de responsabilité, le Colonel Assimi Goïta affiche clairement ses intentions de « s’assumer » et se donner le temps de faire mener avec célérité des réformes majeures, progresser sur le terrain sécuritaire, avant de mener le peuple aux urnes. Gageons que cette option ne va point décourager la facilitation du président togolais, Faure Gnassingbé, auprès de ses pairs ouest-africains et,  le sommet ordinaire du 3 juillet prochain actera définitivement cette prorogation et décidera de la levée des sanctions contre le Maliba, souverain et fier !

Bruno D SEGBEDJI