Le Mnla bombardé à Tabankort Kidal s’embrase et chasse la Minusma

 

Mais la Minusma qui tient au respect du cessez-le-feu du 23 mai 2014, constitue un empêcheur de tourner en rond du Mnla. Ces groupes armés de la CMA ne cachent plus leur objectif de faire partir la Minusma de cette zone de prédilection. « Nous dénonçons cette présente et nous sommes vraiment très gênés de cette présente. Nous souhaitons que les Nations unis prennent toutes les responsabilités pour que la présence des forces internationales ne soit visible dans des zones où il y a des affrontements entre nous et des milices, comme actuellement à Tabankort », avait déclaré Mossa Ag Attaher Porte-parole du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le 19 Janvier sur RFI.

Après avoir haussé le ton de part et d’autre, Mnla et Minusma n’ont pu éviter l’affrontement le 20 janvier à Tabankort. Face aux tirs directs dans leur direction, les casques bleus ont utilisé les moyens forts, en bombardant la position rebelle. Des affrontements ont toutefois continué après ce bombardement, selon un communiqué de la Minusma le mardi 20 janvier. Après la riposte de la MNUSMA, le porte-parole de la coordination avait indiqué que leur groupement de mouvements suspendait « toute collaboration sur le plan sécuritaire avec la MINUSMA jusqu’à nouvel ordre. »

La tension qui a regagné Kidal s’est traduite hier 21 Janvier par des manifestations contre la Minusma et des actes de désobéissance en brulant des pneus. Selon plusieurs sources la foule aurait réussi à investir l’aéroport de Kidal qui aurait été déserté par la mission onusienne.

Selon RFI, le retour du convoi qui transportait les victimes et les blessés, mardi soir, a provoqué la colère de la population. Un responsable local parle d’un « carnage » et annonce un bilan de 11 morts et 21 blessés du côté des combattants des groupes armés, selon la radio du monde. Ce mercredi matin, la foule s’est donc massée au niveau de l’aéroport dont le principal slogan scandé était : « Azawad oui, Minusma non ». Les barbelés qui protégeaient la piste en terre ont été enlevés et des groupes électrogènes brulés. Les soldats des Nations unies, après avoir tiré des gaz lacrymogènes, se sont retirés dans leur camp. En fin de matinée, une réunion s’est tenue chez l’amenokal, le chef coutumier. Un officier de la force française Barkhane était présent. Un responsable local s’est ensuite rendu à l’aéroport pour calmer les manifestants.

Selon Reuters, plus de 200 personnes dénonçant les raids aériens de la force des Nations unies contre les rebelles touaregs dans le nord du Mali ont occupé mercredi l’aéroport de la ville de Kidal, forçant les soldats de l’Onu à abandonner leurs positions. Les manifestants étaient en majorité des femmes et des enfants. Le drapeau de l’Onu aurait été remplacé par celui de l’Azawad, selon Reuters.

B. Daou

Source: Le Républicain Mali 2015-01-21 21:53:25