Evasion collective à la maison centrale de Bamako : Des djihadistes dans la nature

Selon les informations collectées sur place, il ressort que plus d’une trentaine de prisonniers ont pris la tangente. Parmi eux, seule une dizaine a pu être capturée dans leur fuite à la suite d’une course poursuite avec les gardes pénitentiaires partis sur leurs traces.
C’est peu avant 16 heures, dans la journée du lundi 16 juin 2014, que les choses se sont bousculées dans l’enceinte de l’établissement pénitentiaire. Les riverains de Bamako-Coura, qui n’en reviennent toujours pas, annoncent avoir entendu des bruits d’armes à feu.

Quelques minutes après, on assiste à une scène inhabituelle à l’entrée de la prison centrale. Un cafouillage ! Et on voit des personnes, d’abord non-identifiées, s’enfuir hors de la prison. Ils sont poursuivis par des gardes pénitentiaires.

Une foule, habituée à un certain ordre à la devanture de la maison d’arrêt centrale de Bamako, s’amasse alors aux alentours. On apprend alors qu’il s’agit de prisonniers s’étant libérés par la force. En effet, certains d’entre eux, notamment le présumé djihadiste Mohamed Ag Alfousseyni, seraient munis d’armes à feu et de gaz lacrymogène. C’est en menaçant les gardes et les autres détenus avec ces armes qu’ils ont réussi leur coup. Selon les témoins, ils auraient tué un prisonnier et un garde carcéral, l’adjudant Kola Sofara, lors de leur périple. Parmi les fugitifs, une dizaine a pu être stoppée par des gardiens de prison dont un qui s’est dévêtu de son uniforme de travail afin de passer incognito dans la foule. On dénombre des blessés graves parmi les capturés. Les autres, parmi lesquels de dangereux présumés djihadistes, se sont volatilisés dans la nature après avoir attaqués des motocyclistes dans la circulation.

A l’heure actuelle nul ne sait vers quelle destination ils se sont dirigés, tant les choses sont allées vite. Le ministère de la justice, par la voix de son secrétaire générale, Bouya Dembelé, confirme la participation du djihadiste Mohamed Ag Alfousseyni et avance que les évadés sont au nombre de 23 personnes. Cette évasion inquiète bon nombre de citoyens, surtout en ces temps d’insécurité galopante dans la capitale malienne. Peu de temps après le forfait, des militaires, des renforts de gardes pénitentiaires ainsi que le ministre de la justice sont arrivés sur les lieux pour s’enquérir de la situation.

La question qui taraude tous les esprits actuellement est de savoir de quelle manière ces prisonniers ont pu se procurer des armes à feu au sein d’un établissement pénitentiaire. Ce qui est sûr, une complicité ou une négligence des gardiens de prison n’est pas à exclure.

Dansira DEMBELE
SOURCE: Le Républicain  du   17 juin 2014.