Edito IBK voulait sa guerre, il l’a eue

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C’est un bilan trop lourd, pour une guerre, occasionnée par une visite qui ne s’imposait pas, au moment où le processus de dialogue prenait corps, pour une relance des négociations, en vue des pourparlers inclusifs. Ces évènements de Kidal doivent faire réfléchir plus d’une fois, le Haut Représentant du chef de l’État pour le dialogue inclusif inter-malien, sur la bonne foi de ses mandants.

La déclaration de guerre depuis Kidal, lue par le ministre porte parole du gouvernement, qui a fait l’objet d’un flash spécial de l’Ortm, ne vaut pas plus qu’un acte usurpé, car la déclaration de guerre, est un acte qui appartient au Président de la République, après consultation de l’Assemblée nationale. Le Premier ministre en a-t-il été mandaté ? Moussa Mara, avait-il quelque chose à se prouver pour entretenir la boursouflure de son égo et prouver au président qu’il est près à tous les excès, pour être digne de lui et se donner une existence ? Le Premier ministre Moussa Mara était-il à Kidal pour tenir une promesse électorale d’IBK ?

Prendre Kidal au forceps, pour laver l’honneur des Maliens et leur dignité jetée aux chiens par l’occupation jihadiste ? Mara veut-il prouver qu’il est prêt à tout, dans la tendance, tel Président tel Premier ministre : le Président ne veut pas négocier avec les groupes armés, le Premier ministre leur déclare la guerre. Entré, tambour battant, dans une ville malienne de Kidal libre, Mara l’a abandonnée sous une nouvelle occupation pour partir sur la pointe des pieds. Avec une trentaine de citoyens maliens civils et militaires, aux mains des rebelles, Kidal a été davantage plongé dans un marasme sans précédent.

B. Daou

Le Républicain 2014-05-19 01:25:41