De quoi je mêle / Si le savant pouvait, si le pouvoir savait


Leur envoyer des céréales, des compresses et de la bétadine, ce n’est pas un problème mais monter au front comme le demandent des voix qui demandent ce sacrifice au voisin de palier, jamais !  Nous les amis d’Aqmi, on a tout compris et pris les devants puisque Iyad a annoncé du haut de sa victoire jusque-là pas défiée qu’il s’apprête à prêcher dans les grandes villes du pays voici les dispositions prises par notre prévoyante famille : pas de stocks de céréales en prévision de l’embargo Cedeao mais chaque membre de la famille a eu quatre exemplaires de coran, plusieurs voiles pour chaque fille, des fausses barbes contrefaçon parfaite pour les hommes et même pour le petit fiston de douze ans, chapelets soigneusement cachés car il paraît qu’ils n’aiment pas ça, portraits descendus des murs y compris des parents décédés, à la place des tableaux de belle calligraphie des 99 noms de Belmoktar.

Pas de vinaigre, rien qui ressemble à de la saucisse. Qui est fou ? Même le savant interplanétaire a dit que si ça tenait à lui, Gao Tombouctou Kidal auraient eu quarante tonnes de céréales tous les jours et a, semble t-il, dissuadé les élus du Nord de demander des troupes Cedeao pour la libération du Nord. Sans me mêler des affaires du pays qui nous appartenaient avant, nous on fait quoi si lui dit ça ?  Sinon que de raccourcir nos pantalons, porter des gilets, attendre nos repas à la mosquée et gâter l’imam pour qu’il ne donne pas la liste des fidèles de sa mosquée du temps immémorial où vendredi déclenchait plus le réflexe pavlovien du Diplomate quand Toumani Diabaté, aujourd’hui recyclé muezzin de son quartier jouait la Kora. Soit dit sans intention de le dénoncer !

Adam Thiam

Le Républicain Mali 15/05/2012