COURS D’ASSISES DE BAMAKO Déception à l’annonce de la peine de l’ancien chef de la police islamique de Gao

Au cours de la session de la Cour d’Assises de Bamako en cours, la justice malienne a condamné l’ancien chef de la police islamique de Gao Alou Mahamar à trois ans de prison ferme. L’ancien chef de la police islamique de Gao était impliqué dans l’attaque en 2012 des camps militaires de Tessalit, de Kidal, d’Anefis, de Ménaka et d’Abeibara causant la mort de plusieurs militaires maliens. A Gao, la population pense que « les charges retenues contre Alou Mahamar ne sont pas suffisantes ». Selon la directrice de l’ONG Greffa de Gao, le procès des rebelles et des terroristes a été mal engagé.

« Même par rapport à ce qu’on lui reproche, ce n’est pas suffisant. Mais qu’est-ce qui se passe avec lui ? Nous on a décriés, on a même déploré le fait que ce soit lui seul qui soit jugé. Quand on est dans des États qui n’ont aucun sérieux dans ceux qu’ils font, on fait quoi ? Pourquoi même c’est lui qu’on juge et qu’on condamne alors qu’il y a des gens qui ont coupé des mains, qui ont coupé des pieds, qui ont violé des femmes, qui ont battu des hommes et des femmes, qu’on a pris et qu’on a libéré. Parce que parmi les jihadistes qui ont commis ces actes ignobles, il est le seul même à être maintenu en prison. Où sont partis les autres ? On les a libéré, parce qu’ils sont des touaregs et des arabes.

Même avant son jugement, ceux qui ont été libérés ne devraient pas l’être. C’est à dire que le mauvais début a commencé avant lui. Parce que la pression a été tellement forte que l’État les a libérés. Nous on ne parle pas de lui, on parle de ceux avec qui il a commis ces actes là », a regretté Mme Maïga Fatoumata Touré au micro de Studio Tamani.
MD
Source: L’Indicateur Du Renouveau 19/05/2016