Mot de la semaine : Rarissime

C’est la première fois dans l’histoire de la Cour Pénale Internationale qu’on condamne pour la destruction de biens culturels, en l’occurrence, les mausolées classés au Patrimoine mondial de l’humanité. M. Ahmad al-Faqi al-Mahdi, l’aura appris à ses dépens, il écope de 9 ans de prison ferme. Ce touareg malien de Tombouctou a finalement plaidé coupable tout au long de ce procès, ce qui est un fait rarissime pour un illuminé de son acabit. Il est de tradition à la Cour pénale que les accusés plaident non coupables généralement des faits qui leur sont reprochés. Ahmad Al Faqi a fait exception en reconnaissant sa responsabilité des faits graves, assimilables à des crimes contre l’Humanité. C’est semble-t-il ce qui aura expliqué la clémence de la peine, à lui, infligée.
Sur le plan politique, trois faits rarissimes auront marqué l’actualité de la semaine. Le 1er Fait Rarissime est que le débat télévisé entre Hillary Clinton et Donald Trump aura battu le record d’audience jusque-là détenu par John F. Kennedy et Richard Nixon. Ce débat Clinton-Trump, premier d’une série de trois aura tenu toutes ses promesses, tant par son intérêt pour les américains que pour le reste du monde par son audience. Plus de 100 millions de téléspectateurs ont suivi ce face à face très attendu par les électeurs indécis qui sont plus de 20 millions d’américains. Hilary Clinton et Donald Trump ont tenu en haleine et en éveil pendant 90 minutes les adeptes du débat démocratique qui permet de mieux faire connaissance avec les candidats, leur orientation, leur vision et leur personnalité. A la fin du débat, les sondages tournèrent à l’avantage de Hillary Clinton avec plus 62 % d’opinion favorable contre seulement 37 % pour son rival, le tonitruant Donald Trump.
Le 2ème fait Rarissime fut l’investiture du nouveau Président Gabonais Ali Bongo Ondimba avant même la fin du mandat constitutionnel qui court jusqu’au 04 octobre et cela dans la plus grande sobriété, sans la participation des présidents des pays de l’Afrique centrale. Les investitures « en catimini » sont très Rarissimes sur le continent. Elles permettent de s’interroger sur la régularité, la sincérité, la transparence et sur la légitimité du scrutin. Comment comprendre que les voisins immédiats du « Bongoland » le boycottent ? Comment comprendre que sur 54 Chefs d’Etat, seuls 4 auront fait le déplacement, à savoir : IBK, Mahamadou Issoufou, Faure Gnassingbé et Manuel Pinto da Costa de Sao-tomé et Principe. Le 3ème fait rarissime est le record en nombre de voyage d’un Président malien. IBK en seulement 3 ans au pouvoir aura rendu plus de visites à l’extérieur qu’à l’intérieur de son pays. Il a effectué son 101ieme voyage au Gabon pour l’investiture du Président Ali Bongo. Si le président AOK avait été, à tort ou à raison, taxé de plus grand voyageur à l’extérieur surtout en Libye, IBK lui aura retiré le record en étant le premier président malien, de l’indépendance à nos jours, à voyager autant, « pour porter la voix du Mali post-crise à l’extérieur », que de problèmes à l’intérieur il n’aura résolu.
Le 4ème fait rarissime, surtout dans le paysage politique malien, c’est le départ de 4 députés du RPM, le parti présidentiel pour regagner l’Opposition. Auparavant, il était de coutume que les élus de la Nations se précipitaient chez les princes du jour afin de profiter des privilèges du système.
Youssouf Sissoko
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