LE SOUS-PREFET DE OUESSELEBOUGOU LAISSE ECLATER SA COLERE : « Bananzolé Bourama est un mégalomane frisant le psychopathe »

157

En réaction « aux griefs » du député élu à Kati, Bourama Tidiane Traoré qui, dans une correspondance adressée au ministre de l’Administration territoriale, demande sa révocation, le sous-préfet de Ouéléssébougou, sort de sa réserve et met à nu les comportements « irresponsables » du député dans sa société. Il le traite même de « malade mental ».

Dans une correspondance adressée au ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat le 24 janvier, les députés élus à Kati, Bourama Tidiane Traoré et Seydou Traoré, exigent le départ du sous-préfet de Ouéléssébougou, Modibo Diarra.
Les élus de la nation accusent l’administrateur civil de vente de l’espace scolaire de Bananzolé, l’imposition des conseillers au même village, le soutien à une tendance malgré la victoire de l’autre lors de la mise en place du bureau de l’Association du centre de santé de Ouéléssébougou…
En réponse à la demande d’explication de sa hiérarchie, Modibo Diarra démontre point par point « les griefs mensongères et calomnieux » de Bananzolé Bourama.
D’abord, le sous-préfet dément toute spéculation foncière ou empiétement sur l’espace scolaire du village de Bananzolé, estimé par les services de l’urbanisme de Kati à deux hectares. « Cette estimation est intervenue au cours de deux missions que ce service a effectué à Bananzolé sur plainte du même honorable Bourama T. Traoré, et sur instruction du préfet du cercle de Kati aux mois d’avril et de juin 2016. Le rapport de mission dressé par chef de subdivision du service de l’urbanisme a été rejeté par l’honorable », note le sous-préfet de Ouéléssébougou dans une lettre adressé au préfet de Kati le 9 février dont nous nous sommes procurés une copie.
Le mercredi 2 mars 2016, explique M. Diarra, l’honorable est revenu à la charge en accompagnant à Bananzolé une dizaine d’honorables députés pour siéger sur le même problème d’espace scolaire et de désignation de conseillers de village.
« La forte délégation conduite par l’honorable Bafotigui Diallo s’est vite ressaisie face à la furia de la population contre leur enfant terrible. Il a fallu tout mon tact et toute mon énergie pour mener à terme les débats de cette réunion et permettre ainsi à la délégation de retourner à Bamako sans incident. Ses collègue députés se sont retirés définitivement en l’intimidant de ne pas s’imposer à son village et en le mettant garde d’entraîner l’Assemblée nationale dans ses propres problèmes et ambitions personnelles », souligne M. Diarra.

Mohamed Ali Bathily s’invite dans le débat
« Le jeudi 14 juillet 2016 l’intrépide Bourama Tidiane Traoré a encore amené à Bananzolé vers 15 h 30 le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières pour une réunion dans la cour de l’école relative à la même revendication de démolition des habitations avoisinant le domaine scolaire. Cette visite surprise, effectuée à notre insu et à l’insu de toutes les autorités du chef de village, a été désapprouvée par les autorités villageoises qui l’ont fait savoir au ministre », s’indigne l’administrateur civil.
Il ajoute que Me Bathily a instruit à son retour à Bamako deux missions (la première en juillet et la seconde en août 2016). Elles avaient pour objet l’examen du litige foncier (délimitation de l’espace scolaire à Bananzolé). « Ces deux missions, dont les vérifications ont été rejetées par l’honorable, ont conclu le non fondé des réclamations du député après investigations séparées conduites auprès du sous-préfet, du maire, du chef de village et des populations. Toutes les différentes missions évoquées sont parvenues aux mêmes résultats. L’obstruction du domaine scolaire et la spéculation foncières assimilées ne sont que des prétextes », confirme le sous-préfet.

Imposition des conseillers de village à Bananzolé
Dans une lettre au ministre de l’Administration territoriale, le député Bourama Tidiane Traoré reproche au sous-préfet d’imposer des jeunes conseillers de village.

Qu’en est-il
« C’est à la suite de la décision n°62/P-CKTI du préfet du cercle de Kati portant désignation des membres du conseil de village et de quartier dans le cercle de Kati que nous avons procédé à l’élection des conseillers des villages dans l’arrondissement de Ouéléssébougou. Ainsi, le 3 janvier 2015, 51 chefs de familles sur 53 que compte le village de Bananzolé ont désigné leurs conseillers au nombre de cinq âgés de 35 à 47 ans. Au soir de cette désignation, l’honorable s’est vite empressé de porter plainte à mon niveau contre cette liste au prétexte qu’ils sont trop jeunes et qu’ils ne sont pas représentatifs de la population. J’ai favorablement accueilli sa réclamation en revenant une deuxième fois sur cette désignation qui a abouti aux mêmes résultats, qu’il n’a jamais reconnu malgré l’évidence », dénonce le chef exécutif de la sous-préfecture. Il révèle qu’un jour (mois de mai 2015) Bananzolé Bourama est allé le voir au bureau pour qu’il annule cette désignation aux prétextes fallacieux et incohérents.
Selon lui, poursuit Modibo Diarra, « ces jeunes ont été à l’exode avec lui au Congo, qu’ils n’ont rien eu ils sont revenus se convertir au village afin de se livrer à la spéculation foncière. Je lui ai répondu de me mettre en dehors de ces assertions et qui ne sont pas du tout ma mission. Je l’ai éconduit. La rengaine, le mépris, la haine sont nés entre nous ce jour », se défend M. Diarra.
Sur le renouvellement du bureau de l’Association du centre de santé communautaire de Ouéléssébougou, il fait savoir que cette question a été tranchée par la justice.

Le préfet ne fait de cadeaux au député
Après ses réponses, le sous-préfet fait découvrir à sa hiérarchie, la personnalité du député. Il reconnaît tout d’abord que Bananzolé Bourama est un citoyen ordinaire qui vole au secours de sa population en procédant à la satisfaction des besoins vitaux dans le secteur de l’éduction, la santé, eau potable, la promotion des activités génératrice de revenus pour le genre la solidarité et le développement social (appui à 240 chefs de village avec l’octroi d’une indemnité trimestrielle de 45 000 F et autres appuis matériels aux vieilles femmes).
Subitement, il l’attaque de façon violente dans la même remise au préfet de Kati. « Bourama Tidiane Traoré est aussi un citoyen mégalomane frisant le psychopathe », se défoule Modibo Diarra. Il soutient que l’élu de la nation « est obsédé par des actions indignes d’un responsable de ce rang dans sa société. Ses relations avec son propre village sont exécrables et têtues. Il a enflammé son terroir, le Marakodougou composé de cinq villages (Bananzolé, Marako, Massako Karassana, Korona) en soutenant Marako contre les autres au tour d’une vente de terre de 60 hectares. Il faut que Marakodougou se ressaisisse et revienne à de bons sentiments en retirant la plainte et forger la cohésion disloquée, en se réconciliant et en se pardonnant mutuellement au grand dam de l’honorable qui protesta et laissa entendre que cela doit se faire sur son dos ».
Le sous-préfet impute également au député de soutenir les badauds qui ont saccagé les locaux de la brigade territoriale de gendarmerie de Ouéléssébougou le 29 août 2015. Aussi, il affirme que Bananzolé Bourama a ordonné à ses frères et autres d’aller démolir la maison d’un certain Zante Bakayoko, qui s’est soldé par des coups et blessures graves. Il le cite dans d’autres sales affaires.
Dans cette note, le sous-préfet confirme que le député Seydou Coulibaly, lui a fait savoir qu’il n’a pas connaissance de la correspondance envoyée au ministre de l’Administration territoriale. L’honorable Coulibaly accuse son pair Bananzolé Bourama d’avoir imité sa signature.
Maliki Diallo